Dans la soirée du 17 septembre, après une belle journée ensoleillée, un homme à moitié nu et ensanglanté a été retrouvé gisant au bord d’une route de campagne à Cornafean, un petit bourg en Irlande. L’homme avait la jambe cassée à deux endroits, le bras bleu d’ecchymoses, les joues tailladées et ne portait que son caleçon. Sur la poitrine, couverte de sang, trois lettres avaient été gravées au cutter: QIH. Quinn Industrial Holdings, l’entreprise dont il était l’un des dirigeants.

Kevin Lunney venait d’être victime de deux heures de torture. En rentrant chez lui ce soir-là, il avait trouvé trois hommes qui l’attendaient dans son jardin, qui l’avaient kidnappé, puis passé à tabac dans un hangar une vingtaine de kilomètres plus loin. Les bourreaux lui avaient passé une lame de cutter sous les ongles, avaient frotté ses blessures à l’eau de javel, lui avaient cassé la jambe d’un coup de poteau… Mais, surtout, ils avaient un message. «Ils m’ont dit que j’étais là à cause de QIH, que je devais démissionner», a raconté à la BBC Kevin Lunney.