Mika n’avait pas prévu de rester en Allemagne. Ce Moscovite de 30 ans qui a choisi un pseudonyme est venu à Berlin en septembre pour fêter son anniversaire avec un ami installé dans la capitale allemande. «J’avais pris un petit sac à dos, une chemise et cette veste», explique-t-il alors que le froid commence à tomber sur la ville. Attablé à un café, ce jeune francophone raconte comment sa vie «a subitement changé», le 21 septembre, lorsque le président russe, Vladimir Poutine, a décrété une mobilisation partielle. Ce jour-là, Mika était dans l’avion pour Genève d’où il prévoyait de partir pour Istanbul et Moscou. «Cette mobilisation m’a vraiment surpris car prendre une telle décision signifie que les plans de Poutine ne fonctionnent pas», constate Mika. «J’ai tout de suite compris que si je rentrais à Moscou, je ne pourrais plus revenir dans l’Union européenne. J’ai donc dû décider en un instant de rester ou de partir», raconte-t-il, posément. «Je ne peux pas rentrer en Russie car je ne soutiens pas la guerre, je ne soutiens pas Poutine», ajoute ce Moscovite qui a travaillé plusieurs années avec des entreprises françaises et italiennes, ainsi qu’avec des Ukrainiens. «Le 24 février (lors de l’invasion de l’Ukraine), je me suis dit: c’est impossible», ajoute-t-il.