La fusée Vega, premier «charter» de l'espace pour les Européens, a réussi sa mission dans la nuit de mercredi à jeudi en plaçant sur orbite sa cinquantaine de satellites. Le lanceur européen, le plus léger de la gamme Arianespace, a réussi un sans faute après un vol d'un peu moins de deux heures, selon un journaliste de l'Agence France Presse sur la base de Kourou.

Quarante minutes après le décollage, dans une séquence d'une dizaine de minutes, Vega a effectué, comme prévu, une première série de mises sur orbite, pour les sept microsatellites à son bord, laissant apparaître les premiers sourires sous les masques des ingénieurs du Centre de contrôle Jupiter à Kourou.

Une heure plus tard, à deux minutes d'intervalle, le plus léger des lanceurs de la gamme Arianespace s'est séparé des deux Cubesats pour un total de 46 nanosatellites. Jan Wörner, directeur général de l'Agence spatiale européenne n'a pas caché son soulagement. Revenant sur le projet de lancement partagé, SSMS, il a évoqué «un projet extrêmement important», près d'un an après l'échec du vol 15. «C'est véritablement le retour en vol de Vega», a souligné Jan Wörner. Un succès d'autant plus important pour Arianespace que la mission concernait 21 clients, issus de 13 pays différents.

Ce vol doit marquer le retour de la fusée depuis sa défaillance survenue à l'été 2019, qui avait entraîné sa destruction, par précaution. «Nous avons identifié la cause de cette anomalie et nous sommes prêts», a déclaré Stéphane Israël, le PDG d'Arianespace, quelques minutes avant le décollage de Vega.

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De nombreux reports en raison des événements météorologiques et du Covid

Les applications des nano et microsatellites vont de l'observation de la Terre, à la communication, en passant par le développement technologique ou encore la recherche scientifique.

Avec cette nouvelle plateforme dédiée aux lancements de petits satellites, Arianespace compte bien marquer des points sur ce marché en plein essor des nano et microsatellites. Le même prototype modulable de lancement partagé est prévu pour Vega C, l'autre configuration du lanceur, et une architecture adaptée à la future Ariane 6 est également prévue. Piloté par l'Agence spatiale européenne, le système de lancement partagé SSMS a été développé par l'Italien Avio.

Vega représente un enjeu crucial pour l'Europe spatiale, qui va faire son entrée sur un marché en plein essor, où la concurrence - notamment celle de l'américain SpaceX - fait rage. Le prochain tir au Centre spatial est prévu à la mi-octobre, il s'agira d'une fusée Soyouz. «C'est un beau symbole, après une Ariane 5, maintenant Vega, nous serons en octobre avec Soyouz, cela illustre notre famille de lanceurs», a commenté Stéphane Israël, le PDG d'Arianespace durant la mission de Vega.

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Le dernier report du lancement, mardi, était dû au passage d'un typhon au-dessus d'une station de suivi en Corée du Sud. Avant cela il y a eu la crise du Covid-19, puis des conditions météorologiques particulièrement défavorables (forts vents d'altitude) cet été au-dessus de la Guyane.