«Une fois de plus, le Texas a vu le visage du diable». C'est ainsi que le sénateur républicain Ted Cruz a réagi après le nouveau drame qui a touché le Texas vendredi. Un élève de 17 ans a abattu 10 personnes – neuf élèves et une enseignante – dans son lycée de Santa Fe, en utilisant les armes de son père. La tragédie intervient trois mois après celle de Parkland (Floride), qui a fait 17 morts et provoqué une mobilisation anti-armes d'une ampleur inattendue.

Il s'agit déjà du 22e massacre commis dans un établissement scolaire depuis le début de l'année, soit presque un par semaine.

Un T-Shirt «Born to kill»

Le meurtrier, dont les antécédents restent encore peu clairs, s'est rendu. Selon des témoignages de proches interviewés par les médias américains, il portait un T-Shirt avec l'inscription «Born to kill», un manteau qu'il aimait décorer avec des symboles nazis et communistes, et était quelqu'un de plutôt asocial. Il a laissé des explosifs sur le lieu du carnage, ainsi que dans une voiture et une maison. Et c'est avec un fusil et un pistolet qu'il a tué 10 personnes.

Selon les premiers éléments de l'enquête, qui ont filtré après son audition préalable, le jeune homme aurait choisi ses cibles et aurait même sciemment épargné certains camarades.

Le débat, à nouveau

Va-t-on, une fois l'émotion retombée et lorsque les drapeaux en berne flotteront à nouveau, assister une nouvelle fois à un débat stérile, qui ne fera pas bouger d'un millimètre la problématique des armes aux Etats-Unis? La récupération politique va-t-elle à nouveau s'imposer, avec un Donald Trump qui insiste sur le besoin d'armer les enseignants pour sécuriser le pays? Cette fois, la NRA, le puissant lobby des armes, qui arrose de nombreux élus du Congrès à coups de millions de dollars, ne compte pas se faire surprendre par des jeunes prêts à descendre dans la rue. Le risque de banalisation est bien présent.

La sénatrice démocrate Elizabeth Warren, elle, a très clairement choisi son camp, alors que les élections de mi-mandat de novembre pèsent sur le débat. Elle affirme dans une vidéo qu'elle n'acceptera pas le moindre cent de la NRA pour sa campagne. Elle en fait la promesse. 

Emma Gonzalez, l'égérie anti-armes au crâne rasé, a aussi rapidement fait part de sa tristesse sur Twitter. «Vous ne méritez pas ça. Vous méritez d'être en paix toute votre vie, pas seulement une fois qu'une épitaphe le dit sur votre tombe», écrit-elle. 

Les familles des victimes de Parkland ont également réagi. Dans un communiqué, elle demandent aux médias de ne pas publier le non de l'auteur de la fusillade, pour ne «pas lui offrir la notoriété» qu'il recherche.

Emma Gonzalez et ses camarades à l'origine de la grande Marche organisée à Washington fin mars insistent sur le fait qu'ils ne veulent pas s'en prendre au sacro-saint deuxième amendement de la Constitution, qui garantit aux Américains le droit de posséder une arme. Mais que leur but est bien rendre l'accès aux armes moins facile. Ils devront une nouvelle fois se confronter à la théorie favorite de la NRA, celle du «good guy armé» qui doit neutraliser le «bad guy armé».

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Selon des indications du gouverneur du Texas, le tueur prévoyait de se suicider après l'attaque. C'est ce qui ressort de documents retrouvés dans son ordinateur ainsi que de messages dans son téléphone. La police a également recherché d'éventuels complices. Une chose est pour l'instant claire: son père, un immigré grec, possédait des armes tout à fait légalement. 

Pour le Texas, le drame intervient quelques mois après une tragédie en novembre dernier, qui avait fait 25 victimes dans une église. Dont une femme enceinte.