Un jeune de 15 ans a ouvert le feu mardi dans un lycée du nord des Etats-Unis, faisant quatre morts parmi les élèves et six blessés dont un enseignant, a annoncé la police locale. Le tireur présumé, lui-même élève de l’établissement situé à Oxford, dans l’Etat du Michigan, a été arrêté et n’a pas expliqué son geste, a précisé Michael McCabe, un responsable de la police du comté d’Oakland.

Lire aussi: Joe Biden se heurte au casse-tête des armes à feu

«Les policiers ont arrêté le suspect dans les cinq minutes suivant le premier appel» aux services d’urgence, a-t-il expliqué à la presse. Selon les autorités de cette ville au nord de Detroit, l’alerte a été donnée à 12h51, heure locale. Plus d’une centaine d’appels au numéro d’urgence 911 ont été enregistrés, alors que le tireur a fait feu entre 15 et 20 fois avec une arme de poing semi-automatique en l’espace de quelques minutes.

Le tireur garde le silence

Mardi, le bilan faisait état de trois morts: un garçon de 16 ans et deux filles de 14 et 17 ans. Huit autres personnes, dont au moins un enseignant, avaient été blessées et transportés vers des hôpitaux de la région. Mercredi, un élève blessé lors de la fusillade a succombé à ses blessures, portant le bilan à quatre morts, a annoncé mercredi la police locale. «Nous avons la tristesse d’annoncer qu’une quatrième victime a succombé à ses blessures», ont indiqué les services du shérif du comté d’Oakland sur leur page Facebook, précisant qu’il s’agissait d’un élève âgé de 17 ans. Six élèves blessés restaient hospitalisés mercredi alors que l’enseignant, légèrement touché à l’épaule, est sorti de l’hôpital dès mardi.

L’élève, dont l’identité n’a pas été rendue publique, a utilisé un pistolet semi-automatique Sig Sauer SP 2022 de calibre 9 mm, achetée par son père vendredi, jour des grandes promotions du Black Friday, selon la police.

«Il est clairement venu pour tuer des gens», a affirmé mercredi le shérif Michael Bouchard sur CNN, soulignant qu’il avait tiré au moins 30 balles. «Il tirait sur les gens à bout portant, souvent en visant la tête ou la poitrine», a-t-il ajouté. Le tireur s’est rendu à la police à l’intérieur même du lycée et a été placé en détention. Il est resté silencieux sur les motivations de son geste, ses parents lui ayant demandé de ne pas parler à la police, selon les autorités.

Relire: Aux Etats-Unis, la menace invisible des armes faites maison

L’enquête devra déterminer si l’auteur des coups de feu a tiré au hasard ou s’il visait des victimes identifiées, a-t-il ajouté. «C’est une situation très tragique», a expliqué le policier. «Nous avons beaucoup de parents très stressés». Oxford se situe à une soixantaine de kilomètres au nord de la grande métropole de Detroit. En déplacement dans le Minnesota, le président américain Joe Biden a offert ses condoléances «aux familles qui endurent la peine inimaginable d’avoir perdu un être aimé». «C’est une communauté entière qui doit être en état de choc en ce moment», a-t-il ajouté.

Les fusillades, un fléau aux Etats-Unis

Les fusillades faisant de nombreuses victimes restent un fléau récurrent aux Etats-Unis, un pays où le droit de posséder des armes est garanti par la Constitution. Selon les statistiques de l’organisation Everytown For Gun Safety, la fusillade d’Oxford porte le bilan le plus lourd dans une école en 2021.

Jusqu’ici cette année, le pays avait enregistré 138 fusillades en milieu scolaire, dont 26 avec un ou deux morts à chaque fois. «C’est un problème typiquement américain auquel on doit répondre», a estimé la gouverneure démocrate du Michigan Gretchen Whitmer, lors d’un point-presse en fin d’après-midi à Oxford. Après cette fusillade mortelle, «les experts diront que la solution est d’avoir PLUS D’ARMES», a dénoncé sur Twitter Shannon Watts, la fondatrice de l’organisation Moms Demand Action, qui milite pour un encadrement plus strict des ventes d’armes.

«C’est une expérience qui a échoué: il y a plus de 400 millions d’armes dans les mains de civils (aux Etats-Unis). Si plus d’armes nous apportaient plus de sécurité, nous serions le pays le plus sûr du monde», a-t-elle ajouté. Cette année, près de 41 000 personnes sont mortes par arme à feu dans le pays, dont 22 000 par suicide, selon l’organisation Gun Violence Archive.

En 2018, une tuerie dans un lycée de Parkland, en Floride, quand un ancien élève avait fait feu avec un fusil semi-automatique AR-15, tuant 17 personnes et en blessant une quinzaine d’autres le jour de la Saint-Valentin, avait provoqué une onde de choc dans le pays et relancé les manifestations demandant un contrôle plus strict des ventes d’armes à feu.

Mais les blocages au Congrès, sous l’influence du lobby des armes, rendent improbable toute avancée majeure sur le sujet malgré les appels de responsables politiques, le président Joe Biden inclus, à durcir les règles sur leur circulation.