«On ne peut pas s’imaginer le choc, c’est horrible», sur les chaînes de radio et de télévision, toujours le même témoignage horrifié, alors que l’Allemagne découvre peu à peu le bilan de la fusillade, qui s’est déroulée ce matin au collège technique de Winnenden, une localité de 28 000 habitants près de Stuttgart. En début d’après-midi, on comptait 16 morts et plus d’une dizaine de blessés, parmi lesquels 9 élèves, 3 enseignantes et plusieurs passants.

La tuerie aurait débuté vers 9h30 ce matin dans le collège «Albertville», une école fréquentée par un millier d’élèves environ. Tim K., 17 ans et ancien du collège, serait arrivé en tenue de combat noire et aurait ouvert le feu avec un pistolet-mitrailleur. Des élèves auraient tenté de se sauver en sautant par les fenêtres. Le forcené se serait ensuite enfui en direction du centre-ville, tuant un passant aux abords d’une clinique voisine.

Il aurait ensuite détourné une voiture, épargnant le conducteur, et parcouru 40 kilomètres jusqu’à Wendlingen, où il se serait barricadé dans un supermarché. Il a trouvé la mort au terme d’un échange de tirs avec la police, au cours desquels deux passants ont été tués et deux policiers grièvement blessés.

Le jeune homme se serait servi de l’une des 18 armes à feu que ses parents possédaient à leur domicile, rapporte la presse locale.

La chancelière Angela Merkel s’est dite «horrifiée, bouleversée et stupéfaite» par ces événements, lors d’une déclaration télévisée en fin d’après-midi. «C’est un jour de deuil pour toute l’Allemagne», a-t-elle ajouté.

Cette tuerie rappelle la tuerie d’Erfurt en 2002, lorsqu’un élève en échec scolaire avait tué 16 personnes dans son lycée avant de se donner la mort. En novembre 2006, un drame similaire avait été évité de peu à Emsdetten, lorsqu’un ancien élève dépressif, vêtu de noir et bardé d’explosifs, avait pris d’assaut le collège de la ville et blessé 37 personnes avant de se suicider.