Le Chili est sur la voie du plus grand changement politique de ces trente dernières années. Ou pas. Vendredi dernier, tard dans la nuit, après un mois de mobilisations sans précédent, le parlement a conclu un accord qui ouvre la voie à l’élaboration d’une nouvelle Constitution, l’actuelle étant héritée de la dictature militaire. Dans un premier temps, la nouvelle était accueillie dans l’euphorie. Une semaine après, des dissensions dans l’interprétation de l’accord menacent son aboutissement.

Héritage de la dictature

La Constitution chilienne actuelle est née du coup d’Etat militaire de 1973. Lorsque le général Augusto Pinochet renverse le président socialiste Salvador Allende, il suspend la Constitution dans la foulée pour rétablir les «institutions ébranlées». Il commande l’élaboration d’une nouvelle «charte fondamentale» qui verra le jour en 1980. Pour éviter toute «dérive idéologique», ses concepteurs ont voulu en faire ce que l’opposition qualifie de «camisole de force» législative.