L’essentiel

En France, l’armée a été mobilisée. Baptisée «Résilience», l’opération doit venir en aide à la population.

L’inquiétude grandit en Afrique, où le virus a désormais atteint certains pays dont les infrastructures de santé sont vulnérables. 

En Suisse, le Parlement fédéral a décidé de siéger dans le centre de congrès Bernexpo la semaine du 4 mai. Près de 1400 personnes ont désormais été rapatriées, notamment depuis le Pérou. Sur le terrain, aux côtés des militaires, quelque 5500 membres de la protection civile ont été mobilisés.

Le bilan en Suisse se monte à plus de 160 morts et 10 714 cas confirmés selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Mais les statistiques fédérales sont ralenties par des échanges par fax et un traitement des données très manuel. Le site corona-data.ch, qui compile en temps réel les chiffres annoncés par les cantons, compte 11800 cas confirmés et 187 morts.

Le nombre de victimes du Covid-19 a bondi à 1031 aux Etats-Unis, selon le décompte de l’université Johns-Hopkins, dont 280 morts dans la seule ville de New York. Le pays compte 68 572 cas confirmés.

Retrouvez le suivi de la journée de mercredi, et nos principaux articles sur le virus.


■ «Tsunami» de malades à Londres

Epicentre de l’épidémie au Royaume-Uni, Londres est confrontée à un «tsunami» de malades gravement atteints dans ses hôpitaux et à des difficultés à faire appliquer le confinement. La propagation du Covid-19 s’est accélérée ces derniers jours, avec 463 morts et 9529 cas de contamination officiellement recensés, poussant le gouvernement à ordonner lundi à la population de rester chez elle. De nombreux cas sont constatés dans la capitale, l’une des plus grandes métropoles européennes, où les services hospitaliers ont tiré la sonnette d’alarme.

Après avoir «massivement» augmenté leur capacité d’accueil en soins intensifs ces dernières semaines, les établissements hospitaliers doivent y faire face à «une explosion» du nombre des «patients gravement malades», «une sorte de tsunami continu», a déclaré Chris Hopson, un responsable du service public de santé, sur la BBC. Cette tension est accentuée par le fait que la proportion de membres du personnel soignant absents pour maladie est de «30%, 40% et à certains endroits même 50%», a poursuivi Chris Hopson, qui parle d'un taux d'absence «sans précédent».

L'objectif est d'éviter un scénario à l'italienne, avec des hôpitaux débordés, qui se traduirait par une hausse de la mortalité. Mais encore faut-il, selon les autorités, que les Britanniques se plient aux mesures de confinement. Seuls les magasins proposant des biens essentiels comme des produits alimentaires ou des médicaments sont ouverts. Les rassemblements de plus de deux personnes dans l'espace public sont interdits.

Mais dans le métro de Londres jeudi matin, impossible de respecter la consigne de maintenir une distance de deux mètres entre les personnes. Les fréquences des trains ont été fortement réduites, tassant les usagers dans des rames bondées et poussant plusieurs d'entre eux, dont des infirmiers, à pousser un cri de colère sur les réseaux sociaux.

D'autres Londoniens profitent du soleil printanier pour traîner dans les parcs. Ceux qui ignorent les consignent risquent une amende de 60 livres, et les policiers sont désormais dotés de pouvoirs supplémentaires leur permettant de disperser les groupes, et d'ordonner aux gens de rentrer chez eux, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Critiquées pour leur manque de clarté concernant les sorties tolérées, les autorités le sont aussi pour la quantité insuffisante des équipements personnels de protection (PPE) pour les soignants, de tests de dépistage et de respirateurs.


■ En France, un premier transport de malades par rail

Vingt malades du coronavirus en réanimation ont quitté jeudi Strasbourg à bord d'un TGV médicalisé à destination des Pays de la Loire, une opération sans précédent visant à soulager les hôpitaux alsaciens pris à la gorge par l'épidémie. Le train est parti 11 heures en direction de l'ouest et est arrivé à Angers – son unique arrêt avant le terminus de Nantes – un peu avant 16 heures. Dans cette gare, la moitié des patients ont été pris en charge et six d'entre eux sont arrivés au CHU d'Angers à 16h30. Les quatre autres sont acheminés à l'hôpital du Mans par le Samu qui assure par la route la distance d'une centaine de kilomètres, afin de ne pas ralentir le train par de multiples arrêts.

Avec 506 morts recensés mercredi dans les établissements sanitaires du Grand Est, sur les 1331 décomptés dans les hôpitaux français, la région reste un des points noirs de l’épidémie en France.

«C’était une opération qui était potentiellement prévue suite aux attentats qui ont touché le pays il y a quelques années, ce moyen de transport avait été prévu dans ce cadre-là», a précisé le directeur de crise Covid-19 à l’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire, Benoit James.

Afin de soulager les hôpitaux du Grand Est, plusieurs opérations d'évacuation de patients avaient déjà été conduites par un Airbus de l'Armée de l'air vers d'autres établissements de soins en France, ce qui constituait également une première. Des évacuations ont aussi été organisées par hélicoptère vers des hôpitaux français moins sollicités. Et depuis le week-end dernier, les pays frontaliers sont eux aussi venus à la rescousse du Grand Est, accueillant plusieurs malades. Une quarantaine de lits de réanimation ont ainsi été mis à disposition des patients alsaciens mais aussi lorrains par l'Allemagne, la Suisse et le Luxembourg.


■ La Chaîne du bonheur lance un appel aux dons

La fondation a lancé un appel aux dons pour lutter contre la précarité engendrée par la pandémie en Suisse. Depuis lundi, elle a déjà récolté plus de 6 millions de francs.

Lire notre article: L’action d’aide sociale inédite de la Chaîne du bonheur

Les collectes de dons organisées par la Chaîne du bonheur profitent généralement aux victimes de guerre et de conflits ou servent à financer des programmes de reconstruction suite à une catastrophe naturelle. «Mais face à la gravité de la situation, nous avons reçu de nombreux messages de donateurs qui nous demandaient ce que nous comptions faire en Suisse», rapporte Catherine Baud-Lavigne, directrice adjointe de la Chaîne du bonheur.


■ Le Montreux Jazz met en ligne 50 concerts

Le festival a reporté l’annonce de sa programmation, prévue ce jeudi. Pour l’heure, aucune date de report n’est annoncée. Dans l’attente d’une décision définitive, le directeur du Montreux Jazz a décidé d’ouvrir les archives du festival: cinquante enregistrements seront disponibles durant trente jours sur une plateforme de streaming.

Lire notre article: Pour faire patienter son public, le Montreux Jazz met en ligne 50 concerts


■ Les transports publics réduisent encore leur offre

Les entreprises de transports publics réduisent à nouveau leur offre. Il s’agit de la troisième étape du programme qui avait été annoncé par les CFF et CarPostal. Il est conseillé de consulter systématiquement les horaires en ligne.

Durant l’horaire de transition, certains trains Intercity et Interregio seront supprimés. L’opération sera bouclée le 2 avril avec une quatrième et dernière étape. Ces réductions resteront en vigueur au moins jusqu’au 26 avril. En raison de la pandémie de coronavirus, la demande a chuté jusqu’à 80% aux CFF. Afin de garantir la distance physique recommandée par les autorités, les trains circulent, lorsque c’est possible, selon leur composition maximale.

A partir de samedi, les TGV Lyria ne circuleront plus entre la Suisse et Paris. «Suite aux dernières mesures gouvernementales» françaises, les deux dernières liaisons encore en activité, au départ de Genève et Bâle, sont interrompues. La SNCF, l’actionnaire principal de Lyria avec les CFF, a annoncé mercredi réduire encore son offre pour passer de 90 à 40 TGV par jour au niveau national.

Une opération similaire est en cours chez CarPostal. La demande a chuté de 80% en moyenne, avec des différences selon les régions: en Suisse romande et au Tessin, il n’y a quasiment plus de passagers. A part quelques exceptions pour les transports d’écoliers, les lignes purement touristiques ou les courses nocturnes du week-end, toutes les lignes devraient en principe fonctionner, mais avec des horaires réduits.


■ Les enfants sont moins vaccinés à cause du Covid-19, avertit l’Unicef

Le nouveau coronavirus, qui a poussé des milliards de personnes au confinement, empêche la vaccination de nombreux enfants. «La distanciation physique conduit les parents à prendre la décision difficile de reporter les vaccinations de routine», dans un contexte de rareté des produits médicaux du fait de chaînes d’approvisionnement sous tension, avertit Henrietta Fore, la directrice de l’Unicef, dans un communiqué diffusé ce jeudi.

«Les enfants des familles les plus pauvres des pays touchés par les conflits et les catastrophes naturelles sont les plus exposés», a-t-elle observé, se disant «particulièrement préoccupée» par l’Afghanistan, la République démocratique du Congo, la Somalie, les Philippines, la Syrie ou le Soudan du Sud, «qui luttent contre des épidémies de rougeole, de choléra ou de polio tout en répondant aux cas de Covid-19».

«Dans un moment comme celui-ci, ces Etats peuvent difficilement se permettre de faire face à de nouvelles épidémies de maladies évitables par la vaccination», relève-t-elle, appelant «tous les gouvernements à commencer dès maintenant une planification rigoureuse afin d'intensifier les activités de vaccination une fois la pandémie de Covid-19 maîtrisée».

Son avis est partagé par Ann Lindstrand, qui dirige le programme élargi de vaccination de l'Organisation mondiale de la santé: «Ce sera un défi particulier là où la couverture vaccinale est déjà faible. Il y a un risque que davantage de personnes meurent à cause de l'impact indirect du Covid-19, car la vaccination va diminuer. Il y aura certainement plus de décès dus à la rougeole.»


■ Le Parlement siégera dans un centre de congrès

Le Parlement fédéral tiendra une session extraordinaire la semaine du 4 mai à Bernexpo, ont décidé ce jeudi les bureaux des deux Conseils. Le coronavirus ne permet pas aux Chambres de siéger en toute sécurité entre leurs murs.

Les règles d’hygiène et de distanciation édictées par la Confédération ne peuvent être suivies au Palais fédéral, a expliqué la présidente du Conseil national Isabelle Moret (PLR/VD). «La période exige de tous un effort de longue haleine».

Comme le Conseil fédéral, le Parlement peut aussi édicter des ordonnances d’urgence comme contrepoids aux décisions de l’exécutif. Par exemple, une ordonnance pour soutenir une branche oubliée par le gouvernement.

La délégation des finances du Parlement a déjà approuvé tous les crédits urgents demandés par le Conseil fédéral pour lutter contre les effets de la crise du coronavirus sur l’économie. Mais les Chambres doivent encore siéger pour valider ces crédits qui portent sur un montant de 30,7 milliards de francs.


■ 5000 milliards de dollars pour l'économie mondiale

Les dirigeants des pays membres du G20 ont annoncé, lors d'un sommet virtuel, leur intention d'injecter «plus de 5000 milliards de dollars» dans l'économie mondiale pour «contrer les répercussions sociales, économiques et financières de la pandémie» du nouveau coronavirus.

«Nous sommes fermement résolus à présenter un front uni contre cette menace commune», ont ajouté les représentants des grandes puissances mondiales dans un communiqué publié à l'issue de la réunion d'urgence présidée par le roi Salmane d'Arabie saoudite.


■ Art Basel reportée

La foire d'art contemporain Art Basel a indiqué que son édition 2020, initialement prévue en juin, aurait lieu à la mi-septembre. Les organisateurs, qui avaient déjà dû suspendre la version du salon à Hongkong prévue en mars, on indiqué avoir pris la décision en concertation avec les galeries, collectionneurs et différents partenaires de l'événement. 


■ La protection civile a mobilisé 5500 personnes

Les données journalières, sont sujettes à d’importantes variations, il ne faut donc pas se focaliser sur leur variation d’un jour sur l’autre, a précisé Daniel Koch, le chef de la division des maladies transmissibles de l’OFSP.

La Conférence de presse de l'OFSP:

Quelque 5500 personnes effectuent le service de protection civile actuellement et le nombre devrait augmenter ces prochaines semaines, a indiqué le vice-directeur de l'Office fédéral de la protection de la population Christoph Flury. Quelque 76 000 personnes peuvent être mobilisées au total. Les services sont très demandés en Suisse romande et au Tessin. L'engagement est d'une ampleur inédite dans le canton de Vaud.

En ce qui concerne l'armée, le brigadier Raynald Droz a affirmé que 87% des personnes qui ont été mobilisées par SMS ont répondu présent. L'armée a décidé de mobiliser de nouvelles compagnies sanitaires pour faire face aux 249 demandes d'aide déposées par les cantons.


■ L'état des frontières en Europe

L’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes a effectué une analyse des différentes restrictions en cours en Europe.


■ Précisions concernant les données mobiles

Daniel Koch a en préambule pris quelques minutes pour expliquer le principe de l’utilisation des données de géolocalisation de Swisscom. Le but selon lui, est de savoir si les mesures «très strictes» de la Confédération ont «un effet sur la mobilité des gens». Mais il a insisté sur le fait qu’il s’agit d’une «analyse rétrospective» qui porte seulement sur les lieux publics.

C’est n’est pas de la surveillance

Daniel Koch

«C’est comme regarder des cartes datant d’il y a quelques jours, jusqu’à 24h plus tôt au minimum. C’est impossible de tracer quelqu’un», a insisté Daniel Koch.


■ Explosion des chiffres du chômage aux Etats-Unis

Quelque 3,3 millions de personnes ont fait une première demande d’allocations-chômage au cours de la semaine du 15 au 21 mars aux Etats-Unis, a indiqué le département du Travail. La semaine précédente, le pays avait enregistré 282 000 nouvelles demandes. Il s’agit d’un niveau jamais vu aux Etats-Unis, le précédent record datant d’octobre 1982 avec 695 000 nouvelles demandes.


■ Les 50-59 ans sont les plus touchés en Suisse

Pour la première fois, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) publie sur son site les données de ses rapports de situation. La tranche d’âge comptant à ce jour le plus de personnes contaminées est celle des 50-59 ans. Les données concernant les décès ne sont pas détaillées, mais l’OFSP indiquait mardi que les personnes décédées avaient un âge médian de 85 ans.


■ Un millier de cas en plus en Suisse

L’épidémie continue sa progression soutenue en Suisse. Un millier de cas supplémentaires ont été annoncés par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), portant le total 10 714 cas positifs. 161 personnes sont décédées des suites de la maladie.

Depuis le 24 février, 91 400 tests ont été effectués à ce jour (soit une moyenne de plus de 2900 par jour), dont 14% étaient positifs. A titre de comparaison, l’Allemagne a indiqué effectuer 500 000 tests par semaine, cette détection précoce aidant en partie à maintenir le nombre de décès à un niveau relativement bas.


■ Rapatriements depuis le Pérou

Le quatrième avion affrété par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) s’est posé dans la matinée à Zurich. A son bord, 288 personnes en provenance du Pérou: 231 Suisses, 56 personnes vivant en Suisse, ainsi que deux passagers vivant dans d’autres pays européens.

Un cinquième vol est attendu jeudi soir. Au total, quelque 1400 personnes auront pu être ramenées en Suisse dans le cadre de la plus grande opération de rapatriement jamais organisée par la Confédération, a indiqué Johannes Matyassi, chef de la division consulaire du DFAE. Pendant les semaines à venir, la Confédération planifie plusieurs dizaines de vols à destination notamment de l'Amérique latine, de l'Asie et de l'Afrique.

Selon lui, d'ici au 4 avril, 3500 personnes devraient avoir été rapatriées. Parmi les points chauds, il a cité Bangkok et la région Australie/Nouvelle-Zélande.


■ «Signes encourageants» en Europe

Il existe des indications qui montreraient un ralentissement de l’épidémie sur le continent européen en dépit d’une situation toujours grave, selon le directeur de la branche Europe de l’Organisation mondiale de la Santé.

Bien que la situation reste très préoccupante, nous commençons à voir des signes encourageants

Hans Kluge

L’Italie, a-t-il noté, «vient de connaître un taux d’augmentation légèrement inférieur, bien qu’il soit encore trop tôt pour dire que la pandémie ait atteint son apogée dans ce pays».


■ Plus d’échecs en Russie

C’était l’un des derniers événements sportifs maintenus en Europe: un tournoi d’échecs de haut niveau a finalement été suspendu en Russie. La Fédération Internationale d’échecs (Fide) a décidé d’interrompre le tournoi qui se tenait depuis le 16 mars dans un hôtel de luxe d’Ekaterinbourg, dans l’Oural, et devait se terminer le 4 avril.

Huit champions d’échecs internationaux y participaient pour avoir le droit, en cas de victoire, de défier le Norvégien Magnus Carlsen, numéro 1 mondial.


■ Des votes «par écrit» au Conseil de sécurité de l’ONU?

La présidence chinoise du Conseil de sécurité de l’ONU a annulé une réunion prévue au siège de l’organisation et s’oriente vers des «votes par écrit», a-t-on appris de sources diplomatiques. La rencontre d’aujourd’hui était la seule restant au programme officiel cette semaine. Elle devait permettre d’adopter trois résolutions liées à des renouvellements de mandats sur la Corée du Nord, la Somalie et le Darfour.

Même si le siège de l’ONU à New York reste ouvert symboliquement par la volonté de son secrétaire général António Guterres, une majorité du conseil plaidait pour un vote «virtuel». La Russie s’y est cependant opposée catégoriquement, refusant toute visioconférence pour des réunions formelles ou pour adopter des résolutions.

Plusieurs missions diplomatiques ont indiqué qu’une «procédure mixte», comprenant de la vidéo pour présenter des positions et de l’écrit avec des lettres envoyées par courriel pour procéder au vote, était en voie d’être arrêtée.



■ Le désarroi des soignants espagnols

L’Espagne détient le record mondial de personnel soignant contaminé par le coronavirus, pas moins de 5400, soit 13% des victimes totales du pays, raconte notre correspondant à Madrid François Musseau.

Je me fiche qu’on me considère comme une héroïne. Ce que je veux, c’est être protégée pour bien faire mon travail

Belén, médecin dans un hôpital madrilène

L’extrême vulnérabilité du personnel soignant explique en bonne partie les situations dramatiques existant dans les hôpitaux, surchargés. Le bilan se monte désormais à près de 3500 morts dans le pays.


■ La pandémie s’étend en Afrique

Le Mali et la Libye ont officiellement annoncé leurs premiers cas confirmés. Dans ces deux pays, l’instabilité sécuritaire accentue les craintes formulées devant les capacités de réponse de la plupart des pays africains en cas d’épidémie de grande ampleur. Tandis que l’Afrique du Sud se prépare à entrer en confinement cette nuit, à la suite de l’Algérie ou encore du Rwanda, que d’autres comme la République démocratique du Congo et le Sénégal sont passés sous le régime de l’état d’urgence, le Mali et la Libye faisaient jusqu’ici figure d’exceptions sur le continent Africain.

Ainsi au Nigeria, pays le plus peuplé du continent, plusieurs gouverneurs et le vice-président ont déclaré mercredi s’être volontairement mis en quarantaine après avoir été en contact avec deux cas positifs, dont le bras droit du président.

Des pays comme le Botswana, le Malawi, le Lesotho, les Comores, le Soudan du Sud et le Burundi n’ont encore déclaré aucun cas. Mais la préoccupation est grande à travers le continent devant la progression de la maladie, son impact sanitaire ainsi que les retombées sur des économies fragiles.


■ L’épidémie avance rapidement aux Etats-Unis: le bilan en début de journée

Le nombre de morts a bondi à 1031 aux Etats-Unis, selon le décompte de l’université Johns Hopkins. Le pays compte 68 572 cas confirmés. Comme dans beaucoup de pays, le nombre de personnes contaminées est sans doute nettement supérieur. On dénombre 280 morts dans la seule ville de New York.

Dans le monde, le Covid-19 a fait près de 20 600 morts, selon l’AFP. Le nombre de contaminés approche désormais un demi-million de personnes avec plus de 450 000 cas recensés. L’Europe paie le plus lourd tribut avec deux tiers des victimes. Le bilan s’est particulièrement alourdi mercredi en Espagne (3434 morts), qui a dépassé la Chine en nombre de décès (3281), mais aussi en France (1300 victimes) et en Italie, pays le plus cruellement touché avec plus de 7500 morts.


■ L’armée mobilisée en France avant «des jours difficiles»

Dans la «guerre» au coronavirus, Emmanuel Macron a annoncé à Mulhouse le lancement de l’opération Résilience qui mobilisera les forces armées pour aider la population face à la pandémie qui a fait plus de 1 300 morts dans le pays.

Distincte du dispositif Sentinelle qui mobilise quotidiennement jusqu’à 7 000 militaires contre risque terroriste, cette nouvelle opération «sera entièrement consacrée à l’aide et au soutien aux populations, ainsi qu’à l’appui aux services publics», a affirmé le chef de l’État.

Sur le volet sanitaire, les armées sont d’ores et déjà actives. «La nation tout entière est mobilisée» a assuré Emmanuel Macron en visite à Mulhouse, particulièrement frappée. La France doit s’attendre à des «jours difficiles», a ajouté le directeur général de la Santé (DGS), Jérôme Salomon.

Lire notre reportage: Mulhouse, les pesants silences d’une guerre invisible

Alors que le corps médical est monté en première ligne du front, Emmanuel Macron a promis un «plan d’investissement massif» pour l’hôpital. Le président de la République a salué «la mobilisation totale» des soignants, et leur a garanti «une prime exceptionnelle».

L’état-major français a par ailleurs annoncé retirer ses troupes d’Irak, où elles participaient à des missions de formation, a annoncé mercredi l’état-major français, en raison «notamment» de la pandémie. La France va ainsi rapatrier jusqu’à nouvel ordre le personnel de l’opération Chammal, soit près de 200 militaires.


■ Le Sénat américain approuve le plan de relance à l’unanimité

2000 milliards de dollars pour soutenir la première économie mondiale, asphyxiée par la pandémie, c’est le plan «historique» approuvé cette nuit. Soutenu par le président Donald Trump et fruit d’âpres tractations entre les sénateurs et la Maison-Blanche, ce texte «historique», selon ses négociateurs, a été adopté avec le soutien de tous les démocrates et républicains présents (96 pour et 0 voix contre). Le plan doit encore être approuvé par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, lors d’un vote prévu vendredi, avant d’être promulgué par le président américain.

Lire aussi: Donald Trump, le coronavirus en étendard