La finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) aura lieu le 12 février à Libreville. Le Gabon coorganise le tournoi avec son voisin équato-guinéen. Et son équipe nationale s’est elle aussi qualifiée pour les quarts de finale. Le parallélisme entre les deux Etats ne s’arrête pas au football. La corruption pétrolière est en effet le sport national au Gabon comme à Malabo, mais depuis bien plus longtemps. Terre historique de la «Françafrique» – certains des plus fameux épisodes de «l’affaire Elf» s’y sont déroulés –, le Gabon est également dirigé par une dynastie familiale puisqu’Ali Bongo, 53 ans, y a succédé à son père Omar en 2009.

Il est donc légitime de se demander pourquoi la FIFA a confié l’organisation du tournoi à des pays aussi peu recommandables. Et pourquoi la France, si soucieuse de la démocratie en Libye ou en Côte d’Ivoire, ne trouve rien à y redire.

«Il y a sans doute une sorte de résignation à l’égard de l’Afrique, ainsi qu’un complexe postcolonial, qui rendent difficile le fait d’administrer des leçons de démocratie», explique Paul Dietschy, chercheur au Centre d’histoire de Sciences Po à Paris. «Et puis la précédente CAN avait eu lieu en Angola, qui n’est pas précisément une démocratie.» Il souligne en outre que des intérêts français sont en jeu. «Le nom officiel de la compétition est la Coupe d’Afrique des Nations Orange (du nom de l’opérateur français de télécoms) et les deux pays sont d’abord des Etats producteurs de pétrole.»