Ce sont deux époques et deux générations qui entrent en collision. Celle qui découvre, atterrée, les écrits de l’écrivain Gabriel Matzneff contant avec délectation ses relations sexuelles avec de très jeunes filles dans la France des années 1970-1980; et celle qui a le souvenir d’avoir, à l’époque, fermé les yeux, voire applaudi la révolution sexuelle prônée par l’écrivain. A l’époque de #MeToo, le choc est terrible.

A l’origine de l’affaire, un livre à paraître le 2 janvier 2020, Le Consentement (Grasset), signé par Vanessa Springora, directrice des Editions Julliard. L’auteure a rencontré Gabriel Matzneff en 1985. Elle est fascinée par l’aura de l’écrivain, de 36 ans son aîné. «A 14 ans, écrit-elle crûment, on n’est pas censée être attendue par un homme de 50 ans à la sortie de son collège, on n’est pas supposée vivre à l’hôtel avec lui, ni se retrouver dans son lit, sa verge dans la bouche à l’heure du goûter.»