Afrique

La Gambie, nouvel avant-poste de la justice internationale

Au nom des pays islamiques, la Gambie vole au secours de la minorité des Rohingyas en Birmanie, victime d’un «génocide». L’action judiciaire du plus petit pays d’Afrique ouvre des perspectives à la justice internationale

La nouvelle est peu commune. La Gambie, le plus petit pays du continent africain, traîne en justice la Birmanie pour les massacres commis contre la minorité musulmane des Rohingyas. Les faits se sont déroulés à 10 000 kilomètres et la Gambie n’a pas eu à en pâtir. Qu’à cela ne tienne, la Gambie a saisi lundi la Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye. Contrairement à la Cour pénale internationale (CPI), cette enceinte n’a pas vocation à poursuivre les auteurs des crimes, mais est là pour trancher les différends entre Etats.

Le pays africain vise à faire reconnaître un «génocide» commis par l’armée birmane à l’encontre des Rohingyas, à faire cesser les abus contre cette minorité historiquement persécutée par la majorité bouddhiste de Birmanie et obtenir des réparations pour les victimes. Si la Gambie peut agir contre le pays d’Asie du Sud-Est, c’est que les deux Etats sont parties à la convention contre le génocide de 1948 et que le «crime des crimes» constitue une atteinte à l’humanité tout entière.