Iran

Les Gardiens de la révolution ne font plus recette dans la rue iranienne

Le régime iranien, comme en Irak ou au Liban, est contesté dans ses fondements. Au premier rang des accusés: les Gardiens de la révolution

Il y a quelques semaines, déjà, les Gardiens de la révolution iranienne avaient lancé une vibrante mise en garde: un «complot» était en train de grandir et de menacer l’«axe de la résistance», comme on appelle, au sein de la République islamique, les alliés de l’Iran que sont la Syrie, l’Irak et le Liban. Mais à l’époque, nul ne le prévoyait encore aussi clairement: en Iran aussi, les manifestations populaires n’allaient pas tarder à s’en prendre aux fondements mêmes du pouvoir iranien.

En l’absence d’internet, pratiquement coupé du reste du monde depuis presque une semaine, l’Etat iranien s’est finalement dit victorieux, mercredi, du «complot de ses ennemis», selon les mots du président Hassan Rohani. Rien n’indiquait pourtant que ces manifestations étaient effectivement terminées, tant leur caractère éclaté et spontané les rend difficiles à maîtriser. Mais d’ores et déjà, au-delà du prix particulièrement lourd de la répression (Amnesty international parle de plus d’une centaine de morts), s’impose aussi une constatation: comme en Irak ou au Liban, une bonne partie des manifestants s’en est prise directement au régime iranien, allant jusqu’à brûler des portraits du guide suprême, Ali Khamenei, ou plus symbolique encore, les statues de son prédécesseur l’Ayatollah Rouhollah Khomeiny.