Commentaire

Pour la gauche française, est-ce la primaire de trop?

Sachant qu’elle ne permettra sans doute pas, in fine, d’accoucher d’un candidat unique de la gauche pour la présidentielle, la primaire «citoyenne» risque, après le premier débat télévisé, de verser dans le spectacle politique inutile. Notre commentaire

Il faudra bien du courage aux téléspectateurs, s’ils désirent suivre l’intégralité des trois débats télévisés prévus avant le premier tour de la primaire «citoyenne» organisée par le parti socialiste français. Difficile de comprendre, en effet, vu ce premier exercice en direct, pourquoi deux autres affrontements sont encore nécessaires avant le premier tour du 22 janvier.

Parcourir notre lecture du premier débat: Un combattant, un bonimenteur, un utopiste triste: le premier débat de la gauche française

En fait, les lignes sont déjà claires

Les lignes sont effet fixées: Manuel Valls en défenseur du bilan, Arnaud Montebourg en présidentiable à gauche toute, Benoît Hamon en défenseur d’une rénovation politique. On voit mal ce qui pourrait désormais étonner, ou faire la différence. Créer cette envie indispensable pour convaincre les électeurs de se rendre aux urnes.

A l’automne passé, lors de sa propre primaire, la droite pouvait compter, pour attiser la curiosité, sur le feuilleton «pour ou contre Sarkozy?» et sur les doutes suscités par le raide Alain Juppé.

Rien de tel en revanche, ce jeudi soir, dans cet affrontement bien plus feutré qu’un congrès du PS. La probabilité, à ce stade, est donc que la victime expiatoire de cette compétition électorale soit de nouveau François Hollande. On peut s’attendre, lors des prochaines joutes télévisées, à un droit d’inventaire encore plus sévère du quinquennat écoulé, et à un président cloué au pilori, pour permettre à chaque prétendant de se distinguer.

Manuel Valls, ce si fragile rempart

Manuel Valls, alors, jouera sans doute le rôle du rempart. Mais à quoi bon? Dans leur registre respectif, Jean-Luc Mélenchon le soi-disant «révolutionnaire» et Emmanuel Macron le désigné «social-libéral» sont bien plus probants – et meilleurs clients télévisuels.

L’ironie absolue de ce scrutin préprésidentiel est qu’il risque, si cela continue comme ça, de convaincre les électeurs de gauche frustrés par la présidence Hollande… de reporter leurs voix sur ceux qui ont refusé de se soumettre à la primaire. Le gâchis socialiste des années 2012-2017 n’est peut-être pas terminé.


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