Le gouvernement sortant socialiste-libéral de Ferenc Gyurcsany était en passe dimanche soir d'obtenir une réélection sans précédent dans la Hongrie postcommuniste, selon deux sondages sortis des urnes au premier tour des élections législatives. Si ces estimations sont confirmées au soir du second tour, le 23 avril prochain, ce sera la première fois qu'un gouvernement est reconduit depuis l'avènement de la démocratie il y a seize ans.

Le Parti socialiste et son allié, le petit parti libéral (SZDSZ), l'emportent ensemble, bien que l'opposition de droite (Fidesz) de l'ex-premier ministre Viktor Orban arrive en tête des partis, selon les instituts Tarki et Four Sense Szazadveg. La coalition sortante est créditée d'un total de 49 et 45,5% des suffrages et le Fidesz de 45 et 44,9%, selon ces deux projections données à la télévision juste après la clôture des bureaux de vote.

En revanche, le petit mouvement conservateur Forum démocratique (MDF, opposition), qui participa au gouvernement de Viktor Orban (1998-2002), crédité de 4 à 4,4% des voix, devrait quitter le parlement faute d'avoir pu franchir le seuil des 5%. Une inconnue du scrutin était de savoir si les libéraux, un parti d'intellectuels favorable au marché et aux libertés publiques, franchiraient ou non la barre légale des 5% pour entrer au parlement.

Redressement des finances

Une victoire serait un succès personnel pour le dynamique Ferenc Gyurcsany, jeune communiste devenu millionnaire en affaires âgé de 44 ans, qui avait repris un Parti socialiste désemparé et sclérosé en septembre 2004 et la tête du gouvernement après la démission forcée de Peter Medgyessy.

L'Union européenne, que le pays a rejointe en mai 2004, a été relativement peu évoquée dans la campagne, l'UE n'étant guère controversée dans le pays. Le vainqueur devra impérativement s'atteler au redressement douloureux des finances publiques, qui ont atteint 6,1% du PIB.