Du gaz de schiste américain pour l’Europe

Diplomatie Barack Obama est venu rassurer les Vingt-Huit lors d’une rencontre au sommet à Bruxelles

La crise ukrainienne a dominé les travaux

«Nous avons été bénis par une nouvelle source d’énergie et nous sommes prêts à vous en exporter et à vous aider à réduire votre dépendance de la Russie.» C’est un Barack Obama préoccupé par la crise ukrainienne et solidaire de l’Union européenne (UE) qui a fait cette offre mercredi à Bruxelles à l’issue d’un sommet Etats-Unis - UE. «Nos ministres de l’Energie vont se rencontrer dès la semaine prochaine afin de trouver les meilleurs moyens pour assurer notre sécurité d’approvisionnement.»

Le président américain effectuait hier son premier déplacement officiel dans la capitale européenne depuis son arrivée à la Maison-Blanche en 2009.

Lors de son allocution, Barack Obama a fait clairement référence au gaz de schiste, exploité désormais à grande échelle aux Etats-Unis. «Il faudra toutefois des années pour en exporter en grandes quantités, a-t-il prévenu. Le gaz américain ne pourra constituer qu’un appoint. Il vous appartient de mobiliser vos propres ressources pour assurer votre autosuffisance.» Le président démocrate a rappelé que l’exploitation du gaz de schiste implique certains défis, que les Etats-Unis ont accepté de relever. Pour lui, la crise ukrainienne constitue un rappel à l’ordre afin que l’Europe prenne la question de son approvisionnement énergétique au sérieux.

L’Europe importe jusqu’à 30% de ses besoins de la Russie, dont plus de la moitié transite par l’Ukraine. Pour José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, l’UE n’est pas restée les bras croisés. Il a expliqué qu’une politique de diversification des sources d’importation est en cours. Il a rappelé que l’UE a construit le gazoduc South Corridor pour importer le gaz d’Azerbaïdjan. Il a également plaidé en faveur de l’exploitation du gaz de schiste en Europe. A présent, les Vingt-Huit n’ont pas de politique arrêtée en la matière: certains pays comme la Pologne, la Roumanie et le Royaume-Uni sont de fervents partisans. D’autres, notamment la France, ont imposé un moratoire.

José Manuel Barroso a rappelé que la stratégie 2030 de l’UE répond aux défis énergétiques de demain. Ses principaux composants sont les programmes d’économies et d’efficacité, le développement d’un marché énergétique unique et l’interconnexion des réseaux et, enfin, les énergies renouvelables. Un plan détaillé sera présenté au sommet européen de juin.

Barack Obama a entamé sa tournée dans le Vieux Continent lundi à La Haye, où il a participé au sommet sur la sécurité nucléaire. Crise russe oblige, il y a convié une réunion d’urgence du G7 où il a exhorté ses partenaires européens et japonais à l’unité et à infliger des sanctions économiques à la Russie. Barack Obama poursuit son périple ce jeudi au Vatican.

L’arrivée du chef de la Maison-Blanche à Bruxelles a mobilisé la présence d’un impressionnant dispositif sécuritaire. Tout le quartier des institutions européennes a été momentanément bloqué à toute circulation, ce qui a causé un chaos dans la ville. «Il y a plus de mesures de sécurité pour le président américain que pour l’ensemble des 28 chefs d’Etat et de gouvernement lorsqu’ils se réunissent chaque mois à Bruxelles», a fait remarquer un observateur.

«L’exploitation du gaz de schiste implique certains défis, que les Etats-Unis ont accepté de relever»