Jusqu’il y a peu, le sujet était traité comme une sorte de blague. Gaza et ses deux millions d’habitants, soumis à un blocus israélien depuis une douzaine d’années, saluaient le monde: «Bienvenue dans le confinement!», lançaient les messages sur les réseaux sociaux. Mais à présent, plus personne n’a envie de rire: aux deux premiers cas de porteurs de virus décelés la semaine dernière, s’en ajoutent désormais sept supplémentaires. «Le feu a commencé, et je ne vois pas bien comment on pourrait arrêter un immense désastre», s’alarme au téléphone Matthias Schmale, directeur opérationnel de l’Unrwa, l’agence de l’ONU chargée des réfugiés palestiniens qui, plus que jamais, devra soutenir Gaza à bout de bras.

Le département palestinien de la santé, géré à Gaza par le mouvement islamiste Hamas, a dû le reconnaître cette semaine: les périmètres de quarantaine, qui ont été mis en place dans des écoles ou d’autres bâtiments publics, n’ont pas fonctionné. Alors qu’ils en assuraient la sécurité, sept gardes ont été contaminés à leur tour par deux prédicateurs palestiniens qui étaient rentrés à Gaza porteurs du virus.