Territoires palestiniens

Gaza: sur les réseaux sociaux, un combat inégal

Sur Facebook, les annonces de l’armée israélienne ont été partagées jusqu’à 65 000 fois. Face à une communication très efficace, les groupes palestiniens n’ont pas les moyens de riposter. Mais l’arrivée des Anonymous pourrait changer la donne

L’Armée de défense d’Israël (IDF) a innové mercredi en annonçant ses opérations en direct et en invitant les internautes à témoigner leur soutien, avec pour résultat un effet viral réussi mais controversé. En trois jours, le dessin d’un nuage de missiles s’abattant sur Sydney, New York, Londres et Paris accompagné du message «Que feriez-vous?» a été partagé 6500 fois sur Twitter et même dix fois plus – 65 000 fois – sur Facebook, après avoir été publié vendredi par l’IDF. Suscitant des commentaires convaincus, mais aussi très critiques.

Les groupes palestiniens moins rassembleurs

Les Brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas, répondent à l’IDF sur Twitter. Mais leurs annonces de tirs de roquettes sur Israël, en alternance avec des photos de civils mutilés qu’ils présentent comme des victimes palestiniennes mais dont l’origine est rarement vérifiable, n’ont pas le même impact viral. L’Intifada Electronique, un journal palestinien en ligne, montre une image devenue un symbole: celle du bébé de 11 mois de Jihad Misharawi, journaliste pour la BBC, mort dans un bombardement à Gaza. Sans dépasser, sur Facebook, la centaine de partages.

Les Anonymous rejoignent la partie

Dès vendredi cependant, les Anonymous ont rejoint ce combat sur Internet. Ce jour-là, ils ont annoncé successivement sur Twitter avoir effacé les bases de données de la chambre de commerce Amérique-Israël, de la Banque de Jérusalem et du Ministère israélien des affaires étrangères. Dès le lendemain, ils ont attaqué des dizaines de sites internet israéliens: selon eux, plus de 600 sites ont été rendus au moins temporairement indisponibles. Le blog de l’IDF, notamment, reste inaccessible ce lundi. Dans un communiqué, le collectif a déclaré que le gouvernement israélien avait «franchi une ligne» en menaçant de couper Internet et les télécommunications entrant ou sortant de la bande de Gaza.

Le gouvernement israélien a admis dimanche avoir été la cible d’une cyberattaque massive. Mais il a réussi à déjouer la plupart des tentatives et à éviter des dysfonctionnements sérieux, d’après le ministre des Finances Yuval Steinitz. «Toutes les attaques ont été déjouées sauf une, qui avait pris pour cible un site internet qui a été paralysé pendant six ou sept minutes», a-t-il déclaré. Les sites internet non gouvernementaux, moins bien protégés contre les attaques, sont par contre nombreux à avoir été touchés. D’importants sites comme ceux de la Chambre de commerce Amérique-Israël et de la Banque de Jérusalem sont encore inaccessibles ce lundi.

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