«Dans cette nouvelle phase de relance, le numérique continuera de jouer un rôle déterminant. L’enjeu est clair: bâtir ensemble la souveraineté numérique de la France.» Ces phrases, tirées du discours qu’Emmanuel Macron a prononcé le 14 septembre 2020 devant les acteurs français des nouvelles technologies, sont devenues un classique du discours «macronien». En 2016 déjà, lors de sa campagne victorieuse, le futur chef de l’Etat, âgé alors de 39 ans, avait fait de la «start-up nation» le mot d’ordre de la «transformation» promise de la France. Mais à l’heure de la découverte de l’espionnage électronique massif via le logiciel israélien Pegasus, une autre lecture est possible: passionnée par le numérique et les nouveaux modes de communication, la «génération Macron» s’est non seulement montrée très imprudente, mais aussi très naïve face aux risques encourus pour la sécurité nationale.

Un pays ciblé

Selon les révélations de plusieurs médias dont France Info et Le Monde, un pays est particulièrement ciblé pour avoir utilisé Pegasus et avoir eu accès – l’espionnage actif reste à déterminer – à des milliers de téléphones portables de personnalités politiques françaises, dont celui qu'Emmanuel Macron utilisait en tant que candidat: le Maroc. De nombreux députés et autres personnalités du monde politique et des médias – pas tous macroniens, puisque Jean-Luc Mélenchon figure aussi dans la liste – auraient également été espionnés par les services de renseignement marocains. Lesquels auraient agi à la fois pour surveiller la situation chez leur voisin algérien, mais aussi pour le compte de l’Arabie saoudite après le meurtre du dissident Jamal Khashoggi le 2 octobre 2018 à Istanbul (Turquie).