Syrie

Genève 2 n’aura pas lieu avant juillet, au mieux

L’organisation du sommet continue d’achopper sur l’essentiel: la liste des participants à la table des négociations. Une nouvelle réunion préparatoire est programmée pour le 25 juin à Genève

Si les détails pratiques sont dorénavant esquissés, l’organisation d’une nouvelle conférence internationale sur la Syrie, dite Genève 2, continue d’achopper sur l’essentiel: la fixation d’une date et, plus crucial, la liste des participants.

D’abord envisagé en juin, ce sommet, dont le principe a été posé par Moscou et Washington il y a un mois, semblait ces derniers jours devoir inéluctablement être différé. Cette perspective s’est concrétisée mercredi, au terme d’une réunion préparatoire à Genève entre Lakhdar Brahimi, le représentant spécial de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, les vice-ministres russes des Affaires étrangères, Mikhail Bogdanov et Gennady Gatilov, et la sous-secrétaire d’Etat américaine, Wendy Sherman.

«Il reste beaucoup de travail à accomplir […]. Nous allons continuer nos consultations avec la Russie et les Etats-Unis pour que la conférence puisse se tenir aussitôt que possible. Espérons-le en juillet», a déclaré Lakhdar Brahimi. Une nouvelle rencontre préparatoire aura lieu au Palais des Nations le 25 juin. Une fois sa date arrêtée, la conférence elle-même, dont le but est «de trouver une solution politique au conflit syrien», sera présidée par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Elle débutera par deux jours de rencontres à haut niveau entre les participants non syriens et les délégations de l’opposition et du gouvernement syriens. Viendront ensuite les négociations entre les deux parties syriennes, a précisé Lakhdar Brahimi.

La feuille de route est donc tracée sur le papier. Reste à combler les béances, et notamment à déterminer qui siégera du côté de l’opposition, plus chancelante que jamais en raison de ses divisions persistantes et de la reconquête de Qousseir par l’armée. «Tant qu’elle ne sera pas prête, nous ne pourrons qu’attendre», a lâché Lakhdar Brahimi. «Si elle devait se présenter trop faible à la conférence, cela achèverait toute possibilité de succès équilibré», relève pour sa part un diplomate occidental. D’après lui, «dans cette partie très dangereuse qui se joue autour de Genève 2, toutes les cartes semblent pour l’instant être du côté de la Russie».

Aucun consensus n’a par ailleurs encore été trouvé entre Russes et Américains au sujet de la présence au sommet de représentants de l’Iran – qui revendique son soutien à Damas –, instamment souhaitée par Moscou, et celle de l’Arabie saoudite, qui appuie une partie de l’opposition.

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