Les deux coprésidents du Comité constitutionnel syrien, représentant le régime syrien et l’opposition, se sont rencontrés dimanche à Genève sous l’égide de l’émissaire onusien pour la Syrie, Geir Pedersen. «Pour la première fois, les deux coprésidents, celui nommé par le gouvernement et celui nommé par l’opposition, se sont retrouvés avec moi pour une discussion substantielle et franche sur la manière dont nous devons procéder pour la réforme constitutionnelle», a expliqué Geir Pedersen au cours d’un très bref point de presse, alors que la réunion se poursuivait. Ahmad Kuzbari est le coprésident nommé par Damas, et Hadi al-Bahra représente l’opposition.

Les discussions sur la Constitution vont reprendre entre les parties syriennes sous l’égide de l’ONU à partir de lundi et devraient durer toute la semaine. Elles se dérouleront en format restreint: 15 membres représentant le régime, 15 l’opposition et 15 la société civile. Ce comité restreint rendra ensuite compte au comité élargi qui est constitué de 150 membres, 50 pour chacune des parties.

Hadi al-Bahra a donné quelques détails sur le laborieux processus de discussion convenu entre les parties, lors d’une conférence de presse organisée par l’association des journalistes accrédités à l’ONU à Genève. «Maintenant, nous allons démarrer le processus de rédaction», qui consistera «à discuter les propositions de texte constitutionnel mises sur la table par chaque partie», a-t-il indiqué, soulignant que la procédure avait été «acceptée par toutes les parties». «Demain, a priori, nous aurons la première session durant laquelle chaque partie soumettra les principes qu’elle propose de débattre lors de la première journée», a-t-il dit.

Un processus qui ne suffira pas à résoudre la crise

Le processus lancé il y a deux ans était totalement enlisé jusque-là et aucun progrès n’a été réalisé dans l’accomplissement de son mandat, avait reconnu Geir Pedersen lors d’une séance d’information du Conseil de sécurité fin septembre. Dimanche, il a souligné que «les deux coprésidents sont désormais d’accord» pour que «l’on commence le processus d’élaboration d’une réforme constitutionnelle en Syrie». Il a ajouté que si le pays en guerre connaissait un «calme relatif» depuis mars 2020, il n’en reste pas moins que «des civils sont tués et blessés tous les jours».

Il faut donc «faire quelque chose pour changer la situation et comme vous le savez, en plus de cela, nous avons une situation humanitaire et économique extrêmement difficile. Il y a plus de 13 millions de Syriens qui ont besoin d’aide humanitaire et presque 90% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté», a expliqué Geir Pedersen, précisant que si le processus de réforme constitutionnel était important, «il ne suffira pas à résoudre la crise syrienne».