A Genève, un exercice d’équilibriste

Cela fait partie du difficile exercice auquel se livre la Suisse. Maintenir des bonnes relations avec la Russie, ne pas se fâcher avec Bruxelles, tout en ne mettant pas en péril la médiation menée entre Moscou et Kiev par le président helvétique Didier Burkhalter sous l’égide de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Interdit d’entrée dans les pays de l’UE depuis l’annexion par la Russie de la Crimée, Sergueï Narychkine, le président de la Douma russe, rencontrera finalement Ruedi Lustenberger (PDC/LU), son homologue helvétique. Sergueï Narychkine était invité au parlement à Berne les 23 et 24 septembre. Mais Ruedi Lustenberger, le président du Conseil national, avait retiré son invitation en raison des sanctions décrétées par l’UE contre plusieurs personnalités russes, dont ce proche de Vladimir Poutine.

«Courant normal»

Le Russe n’en a pas tenu rigueur au Suisse. Puisqu’une rencontre est prévue vendredi à 17h à la mission helvétique à Genève en marge de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE. Très critique sur la réception à Berne «avec tous les honneurs» de Sergueï Narychkine, Carlo Sommaruga (PS/GE), président de la Commission de politique extérieure du Conseil national, ne trouve cette fois rien à redire: «La rencontre du président de la Douma avec celui du Conseil national fait partie du courant normal des relations entre la Suisse et la Russie. Elle a lieu en marge d’une réunion, qui a justement pour but de rapprocher les points de vue sur la crise ukrainienne.»

Plus de 500 parlementaires originaires des 57 Etats membres de l’organisation sont attendus à Genève vendredi jusqu’à dimanche. L’Ukraine, où l’OSCE a déployé des observateurs, sera au centre des discussions.