Ils sont assis presque côte à côte. Mercredi au Palais des Nations, Ahmad al-Kuzbari, au nom du gouvernement syrien, et Hadi al-Bahra, pour l’opposition, ne sont séparés que par Geir Pedersen. Face aux 150 délégués regroupant les deux camps ainsi que la société civile, l’émissaire des Nations unies évoque un jour «historique» et appelle chacun à la «patience». Le moment se veut solennel. Il peine en réalité à cacher le rôle de figurant endossé par l’ONU après huit ans de guerre.

«On assiste à un théâtre d’ombres, analyse Mohamed Mahmoud Ould Mohamedou, professeur d’histoire à l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID). Les représentants de l’opposition ne siègent à Genève que parce qu’ils sont tolérés par le gouvernement et par les trois puissances déterminantes en Syrie: la Russie, l’Iran et la Turquie.»