George Bush a regretté lundi la décision du nouveau gouvernement espagnol de rappeler ses troupes d'Irak. Le chef de la Maison-Blanche a pris son téléphone pour exprimer son «regret au président Zapatero à propos de la décision brutale de retirer les troupes espagnoles d'Irak», a indiqué le porte-parole présidentiel, Scott McClellan. «Le président (Bush) a demandé que le retrait espagnol se fasse de manière coordonnée afin d'éviter de mettre en danger les autres forces de la coalition en Irak», a-t-il ajouté. Cette précaution avait déjà été évoquée par le général américain Mark Kimmitt, lequel avait affirmé lundi qu'il n'y aurait «pas de vide» sur le terrain car le départ des troupes espagnoles se ferait de manière «ordonnée».

Le premier ministre australien, John Howard, a fustigé de son côté la décision espagnole tout en assurant que cela n'aurait aucune influence sur l'engagement militaire de l'Australie. La Slovaquie a également critiqué la décision de l'Espagne et, tout comme la Norvège et la Roumanie, a exclu un rappel de ses militaires.

«Pas de problème»

Le premier ministre portugais, José Manuel Durao Barroso, a souligné que la position de Lisbonne est de «n'envoyer aucun signal qui puisse encourager le terrorisme international». Le retrait du contingent espagnol «ne pose pas de problème à l'Italie», qui a déployé près de 3000 hommes dans ce pays, a lancé le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini. Pour la presse transalpine en revanche, le désengagement espagnol fragilise la position de l'Italie qui se retrouve plus exposée et dont trois ressortissants sont toujours retenus en otages.

Madrid a expliqué lundi que le plan de retrait de ses 1432 militaires devrait s'étaler sur une cinquantaine de jours, pour garantir la sécurité de l'opération. Les soldats rejoindront le Koweït par la route. Réagissant à l'annonce de Madrid, le chef chiite radical Moqtada al-Sadr a appelé ses partisans à cesser les attaques contre les troupes espagnoles.

Sur le terrain, la coalition a annoncé un accord avec des responsables locaux pour réduire la tension dans la ville sunnite de Falloujah. A Najaf, des entretiens devaient avoir lieu entre des responsables américains et des collaborateurs d'Al-Sadr, dont la milice était présente en force à l'intérieur de la ville. Les pèlerins y ont afflué pour commémorer la mort du prophète Mahomet.

Enfin, George Bush a nommé lundi John Negroponte, actuel ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, comme ambassadeur en Irak.