Les développements du dossier du nucléaire iranien ont fait passer l'annonce de la prochaine tournée de George Bush au Moyen-Orient au deuxième plan de l'actualité. Pourtant, la venue du président des Etats-Unis en Israël et dans les territoires palestiniens marque un changement d'attitude puisque, contrairement à son prédécesseur Bill Clinton, le locataire actuel de la Maison-Blanche avait jusqu'à présent toujours évité de s'investir directement et de manière permanente dans la reprise du processus de paix israélo-palestinien.

En fait, George Bush n'est venu qu'une seule fois dans la région. C'était en 1998 lorsqu'il était gouverneur du Texas. Ariel Sharon, alors ministre des Infrastructures nationales (notamment chargé de la colonisation des territoires), l'appelait «Georgy» et lui donnait des claques dans le dos. Pour l'occasion, il avait même organisé pour son hôte un court survol de la Cisjordanie en hélicoptère.

Dix ans plus tard, la situation est évidemment différente puisque le président des Etats-Unis affirme vouloir encourager personnellement la poursuite du processus initié lors de la conférence d'Annapolis la semaine dernière. Mais les commentateurs de la presse israélienne ne croient pas beaucoup à cette explication. «Lorsqu'il viendra chez nous, George Bush sera à un an de la fin de son deuxième mandat, souligne le chroniqueur israélien Raviv Druker. Son autorité s'en trouvera encore plus érodée qu'aujourd'hui. En outre, on imagine mal qu'il entreprenne quoi que ce soit susceptible de nuire aux intérêts du Parti républicain puisque celui-ci se trouvera en pleine campagne électorale.»

Conforter Ehoud Olmert

Les éditorialistes israéliens estiment que la visite présidentielle aura pour effet principal de conforter Ehoud Olmert. D'ici à la fin de l'année, le premier ministre sera en effet de nouveau ébranlé par la publication du rapport définitif de la commission Winograd sur la manière dont la deuxième guerre du Liban a été menée en 2006. Il s'en retrouvera donc affaibli durant plusieurs semaines, ce qui paralysera le processus avec les Palestiniens.