La journée annuelle des paysans allemands organisée vendredi à Cottbus près de Berlin a tourné à la première grande manifestation de protestation contre le chancelier Gerhard Schröder. Les paysans sont très remontés contre le plan d'austérité présenté la semaine passée par le gouvernement. La réduction du budget de l'agriculture, l'augmentation des prix de l'essence combinées à la grande réforme européenne Agenda 2000 devraient diminuer de quelque 5 milliards de deutsche Mark les 18 milliards de revenus nets des paysans.

Depuis 1992, le budget de l'agriculture en Allemagne a déjà diminué d'environ 2,5 milliards de deutsche Mark (–17%). «Des réductions de cette importance ne sont imposées à aucun autre secteur de l'économie», s'est plaint Gerd Sonnleitner, président de l'association des paysans allemands. Quelques participants ont enlevé vendredi démonstrativement leur survêtement sur lequel ils avaient inscrit «dernière chemise».

Dans son discours, le chancelier n'a pas essayé de calmer l'assistance, au contraire. En affirmant qu'il «n'était pas venu pour retirer une seule des mesures prises», il chauffa encore plus son auditoire. Gerhard Schröder a expliqué qu'il faut absolument réduire la dette allemande qui se monte aujourd'hui à 1,5 billion de deutsche Mark. «Si vous pensez que seuls les retraités, les chômeurs (les autres principaux perdants de la réforme, n.d.l.r.) doivent économiser, vous vous trompez», a lancé de manière peu élégante le chancelier.

Le plan d'austérité, a expliqué Gerhard Schröder, devrait être appliqué «dans le dialogue avec les différentes associations». «Pourtant si cela n'est pas possible, nous devrons le faire sans eux», a-t-il continué sous les huées de l'auditoire. Le chancelier ne s'est pas laissé troubler par les sifflets des paysans. Avant de quitter la scène, il prit une pose victorieuse en levant les deux pouces vers le ciel.