La semaine dernière, le Ghana a enregistré plus de 900 nouveaux cas de Covid-19 en seulement deux jours. Du jamais vu pour le pays ouest-africain. Cela représente environ 20% du nombre total d’infections recensées dans le pays depuis le mois de mars.

Mais son président a tenu a relativiser la situation: plus de la moitié de ces cas ont été recensés dans une usine de Tema, une ville située à moins de 30 kilomètres à l’est d’Accra, la capitale. «533 des 921 nouveaux cas recensés ont été relevés parmi les travailleurs d’une usine de poisson», a déclaré Nana Akufo-Addo, cité par le site d’information Ghana web, «les 533 personnes ont été affectées par une seule personne».

En vidéo: «Pourquoi l'Afrique résiste mieux que les autres»

Une seule personne, assurent les autorités, surnommée «super-spreader» (super-propagateur), comme en Corée du Sud où un rassemblement religieux avait conduit à l’infection d’une quarantaine de personnes, ou bien aux États-Unis où 99 malades avaient été recensés lors d’une grande réunion d’entreprise à Boston, rappelle le Financial Times, «autant d’évènements qui ont contribué à propager le virus partout dans le monde.»

Usine vidée et désinfectée

Premier pays africain à décider de mettre fin au confinement de sa population, le 20 avril dernier, le Ghana est scruté sur le continent. Sous pression, le président ghanéen s’est voulu rassurant: «c’est un événement isolé», l’usine a été vidée et désinfectée de fond en comble. Selon lui, ces cas sont bien la preuve que sa politique est efficace.

Pour tenter d’éviter la propagation du virus, une vaste campagne de tests de dépistage est mise en place. «Plus de 160 000 tests ont été réalisés, soit le plus fort taux de dépistages par tête sur le continent avec l’Afrique du Sud, alors que la plupart des pays n’ont pas les moyens de mettre en place ces mesures», explique le correspondant du Financial Times.

«Plus nous faisons de tests, plus nous décelons de personnes infectées, c’est notre meilleur moyen de combattre le virus», a argué Nana Akufo-Addo. Malgré la levée du confinement, il a annoncé que les rassemblements importants restaient interdits et que les écoles et universités demeuraient fermées jusqu’à la fin du mois de mai.

@Courrier international