Prix des carburants

«Gilets jaunes»: heurts avec la police à Paris

De nouvelles manifestations ont eu lieu samedi à Paris et ailleurs en France. La police a lâché des gaz lacrymogènes sur des manifestants. Les Champs-Elysées ont été placés sous haute surveillance

Près de 81 000 «gilets jaunes» étaient recensés samedi à 15 heures dans toute la France, dont 8000 à Paris, contre 244 000 au total samedi dernier à la même heure, selon un décompte du ministère de l'Intérieur.

Il y a eu 35 interpellations sur tout le territoire, dont 18 à Paris. Vingt-deux personnes ont été placées en garde-à-vue, selon le ministère. Huit personnes ont été blessées - dont deux gendarmes -, alors qu'il y avait eu 106 blessés samedi dernier à la même heure, selon la même source.

A Paris, les milliers de «gilets jaunes» mobilisés samedi pour l'acte 2 de leur protestation contre la hausse des carburants ont convergé samedi sur l'avenue des Champs-Elysées, une action marquée par des heurts avec les forces de l'ordre. La foule, qui tentait de pénétrer dans un périmètre interdit d'accès incluant notamment les abords de l'Élysée, la partie basse des Champs-Elysées et la place de la Concorde, a été dispersée par des tirs de gaz lacrymogènes et un engin lanceur d'eau, a constaté une journaliste de l'AFP.

 «Aucun manifestant n'est dans la zone interdite», a affirmé la Préfecture de police. Ces incidents sont liés à la présence à l'avant du cortège d'une centaine de membres de l'ultradroite qui harcèlent les forces de l'ordre, a affirmé une source policière.

«On est pacifique et on se fait gazer»

La situation se tendait fortement peu avant midi: certains manifestants refluaient vers le haut de l'avenue tandis que d'autres étaient vus en train de desceller des pavés ou s'emparer du mobilier urbain, pour dresser une barricade. «On vient juste manifester pacifiquement et on se fait gazer! On voit comment on est reçu à Paris», peste Christophe, 49 ans, venu de l'Isère avec sa femme.

Arrivés par petits groupes en début de matinée, les manifestants avaient auparavant descendu l'avenue, chantant alternativement la Marseillaise et des slogans «Macron démission» ou «La police avec nous», en direction de la place de la Concorde.

C'est là qu'avait été initialement envisagé un grand rassemblement national place de la Concorde, auquel plus de 36 000 personnes se sont déclarées participants sur Facebook, finalement interdit par les autorités pour raisons de sécurité.

Marine Le Pen contre Christophe Castaner

Un dispositif de 3000 forces mobiles a été mobilisé pour boucler les abords de l'Élysée, la partie basse des Champs-Elysées, la Concorde, l'Assemblée nationale ainsi que Matignon. Les autorités redoutaient notamment l'infiltration de casseurs et de «réseaux violents d'ultradroite et d'ultragauche». Bilan: barricades incendiées, fumée noire, feux tricolores arrachés, pavés descellés, canons à eau...

Les manifestants, originaires de région parisienne et arrivés de province en voitures, bus ou train, entendent mettre la pression sur l'exécutif qui reste, selon eux, sourds à leurs demandes.

La dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner se sont mutuellement accusés d'être responsables des violences qui ont marqué à Paris la manifestation des «gilets jaunes».

Marine Le Pen a accusé le gouvernement d'«organiser les tensions"» après des heurts sur les Champs-Elysées entre les forces de l'ordre et des «gilets jaunes», assurant n'avoir «jamais appelé à quelque violence que ce soit».

Aussi en province

Elle répondait au ministre qui lui avait reproché, quelques minutes auparavant, d'avoir appelé à manifester sur la célèbre artère parisienne.

«J'ai interrogé le gouvernement vendredi pour connaître les raisons pour lesquelles les gilets jaunes ne pourraient pas manifester sur les Champs-Elysées. Je n'ai évidemment jamais appelé à quelque violence que ce soit», a dit sur LCI la présidente du Rassemblement national (RN, ex FN).

Des actions se tenaient également en province, berceau de cette contestation qui se revendique populaire et apolitique contre les prix du carburant, les taxes et la baisse du pouvoir d'achat.

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