Ils ne le disent pas ouvertement, mais ils voient d’un bon œil électoral la hausse actuelle des prix de l’énergie. La raison de cette satisfaction cachée: l’espoir de revoir ainsi descendre dans la rue leurs compagnons de protestations de la fin 2018-début 2019. Anciens meneurs des «gilets jaunes», soit dans leur région, soit au niveau national, la Bretonne Jacline Mouraud, le banlieusard parisien Eric Drouet, le Toulousain Benjamin Cauchy et l’entrepreneur Fabrice Grimal sont persuadés que le pouvoir d’achat et la mobilité – donc le prix de l’essence – restent trois ans après l’étincelle qui peut rallumer le feu sur les rondspoints de France. «Nous ne sommes pas des apprentis sorciers», prévient Fabrice Grimal dans son manifeste, récemment publié par l’hebdomadaire Marianne. Mais pour Jacline Mouraud, la colère est toujours là: «Je suis des «gilets jaunes, canal historique», a-t-elle expliqué à France Info. Mon programme est simple: permettre aux petites gens de vivre mieux».