Italie

Giorgio Napolitano est réélu à la présidence à 87 ans

Incroyable! Le chef d’Etat sortant, un ancien militant communiste, a été élu au sixième tour de scrutin. Il vient à la rescousse d’un parlement en pleine déroute

Giorgio Napolitano qui, à 87 ans,

Le président italien Giorgio Napolitano a été réélu samedi pour un second mandat lors du sixième tour de scrutin, après avoir obtenu plus des 504 voix nécessaires, a constaté l’AFP. Il avait accepté de se porter candidat à la demande des responsables de plusieurs formations politiques pour sortir le pays de l’impasse.

Lorsque le chef de l’Etat, qui aura 88 ans en juin, a atteint le nombre de voix nécessaires pour sa réélection, les grands électeurs ont interrompu le dépouillement par un long applaudissement debout. M. Napolitano était soutenu par tous les grands partis, excepté le Mouvement 5 Etoiles (M5S) de Beppe Grillo.

«Aujourd’hui est une journée importante pour notre République. Je remercie le président Giorgio Napolitano pour son sens du devoir et sa générosité personnelle et politique qui lui a fait accepter de poursuivre son engagement dans un contexte aussi difficile et incertain», a réagi le chef de la droite Silvio Berlusconi. Dans le même temps, des centaines de partisans de l’autre candidat, Stefano Rodotà, dont le nom avait été proposé par les contestataires du M5S, se sont mis à crier «Bouffons, bouffons!», «Honte!» tout en scandant le nom de leur favori.

Selon un résultat définitif non officiel, M. Napolitano a obtenu 739 voix des 1007 grands électeurs. A 87 ans, il est déjà l’un des chefs d’Etat les plus âgés au monde. Il est réélu pour un mandat de sept ans, mais les observateurs s’attendent à le voir démissionner une fois la crise politique résolue en Italie.

Le président italien est un ancien militant communiste, fervent défenseur du sud défavorisé du pays. Il avait déjà été propulsé sur le devant de la scène en 2011, en pleine tempête de la zone euro.

En Italie, le chef de l’Etat n’a pas de pouvoir réel, il est le garant de la Constitution et joue essentiellement un rôle de «notaire», signant les lois et décrets. Mais M. Napolitano s’est taillé un rôle de premier plan grâce à son prestige personnel reconnu par l’ensemble de la classe politique et de la population.

En particulier en novembre 2011, alors que l’Italie était au bord de la faillite. A cette époque, Silvio Berlusconi, accusé d’avoir miné la crédibilité de son pays, démissionne. Plusieurs options s’offrent alors au chef de l’Etat, de la dissolution des chambres à la nomination d’un autre exécutif.

M. Napolitano décide alors de ne pas recourir aux urnes et de placer l’ex-commissaire européen Mario Monti à la tête d’un gouvernement technique.

Troisième économie de la zone euro, l’Italie continue de s’enfoncer dans la crise politique depuis les élections législatives de fin février qui n’ont dégagé aucune majorité claire. «La République est suspendue au-dessus du vide», titre le Corriere della Sera, premier quotidien de la péninsule.

Le Parti démocrate (PD) de Pier Luigi Bersani avait décidé dès vendredi soir, après l’échec de son candidat, M. Prodi, de voter blanc lors ducinquième scrutin de samedi matin.

M. Prodi, 73 ans, deux fois chef du gouvernement italien et ancien président de la Commission européenne, n’a recueilli que 395 voix lors du quatrième scrutin présidentiel vendredi soir, soit une centaine de moins que le nombre total des grands électeurs du PD qui avait avancé sa candidature.

Les têtes ont commencé à rouler immédiatement dans la soirée: M. Bersani a annoncé sa démission qui sera effective dès qu’un chef de l’Etat sera élu, la présidente du PD, Rosy Bindi, a démissionné elle aussi et M. Prodi a retiré sa candidature face à la trahison des membres de son propre parti.

(ATS/AFP)

Publicité