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Le glyphosate pourra continuer à être répandu sur les champs européens.
© PHILIPPE HUGUEN/AFP PHOTO

Herbicide

Le glyphosate autorisé pour cinq ans de plus dans l’Union européenne

Une majorité des membres de l’UE a voté lundi pour continuer à permettre l’utilisation de l’herbicide controversé, après plus de deux ans de débats intenses

Les Etats membres de l’UE ont voté lundi en faveur d’une nouvelle autorisation pour cinq ans du glyphosate, a annoncé la Commission européenne. C'est une surprise, à trois semaines de la date d'expiration de la licence actuelle, tant les divisions semblaient insurmontables, le glyphosate étant devenu une question sociétale après son classement comme «cancérogène probable» en mai 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (un organe de l'OMS).

Lire aussi: Le glyphosate, produit de confort ou indispensable?

Les neuf pays qui avaient déjà dit non au cours d'un premier vote le 9 novembre ont campé sur leur position, selon des sources européennes, le scrutin se déroulant à huis clos.

Le changement de position de l’Allemagne

Cette fois, 18 pays ont soutenu la proposition de la Commission – contre 14 au tour précédent – permettant tout juste d'atteindre le seuil de plus de 65% de la population de l'UE nécessaire pour une majorité qualifiée.

Le changement de cap de l'Allemagne a pesé dans la balance, alors qu'elle s'était abstenue le 9 novembre. Selon une source proche du dossier, Berlin a demandé des modifications au texte proposé en lien avec des restrictions sur l'usage privé du glyphosate et le respect de la biodiversité.

La ministre allemande de l'Environnement Barbara Hendricks, membre du Parti social-démocrate (SPD), s'est aussitôt émue de ce vote dans un communiqué. Elle explique avoir signifié une nouvelle fois son opposition à une nouvelle autorisation, «même sous certaines conditions» à son homologue à l'Agriculture, qui appartient lui aux conservateurs de la CSU. «Il était clair que l'Allemagne devait s'abstenir», a estimé Barbara Hendricks.

«Le vote d'aujourd'hui montre que quand nous voulons, nous pouvons partager et accepter notre responsabilité collective dans la prise de décision», s'est félicité le commissaire européen à la Santé Vytenis Andriukaitis, dans un communiqué.

Colère des ONG

La Commission avait affiché sa désapprobation face à l'absence de décision claire au sein du comité d'experts. Si l'impasse avait perduré lundi, l'exécutif européen aurait dû lui-même trancher.

Elle s'était appuyée pour tabler sa proposition sur le feu vert de ses agences scientifique, l'Efsa et l'Echa (sécurité alimentaire et produits chimiques) qui n'avait pas classé la substance comme cancérogène, s'appuyant sur d'autres études.

La décision a provoqué la colère des ONG qui se sont battues farouchement contre une réautorisation. «Cinq années de glyphosate supplémentaires mettront notre santé et l'environnement en danger, et c'est un revers majeur pour les méthodes agricoles plus durables», a tempêté Adrian Bebb de Friends of the Earth Europe.

Lire également: La Suisse inflexible sur le dossier du glyphosate

Le principal syndicat d'agriculteurs européen, le Copa-Cogeca, aurait espéré encore plus, la législation européenne permettant d'autoriser une substance pour 15 ans.

«Même si c'est une bonne nouvelle que la décision ait été prise, mettant fin à l'incertitude pour les agriculteurs et leurs coopératives, nous sommes préoccupés par le fait que l'UE se soit accordée pour une réautorisation pour cinq ans et non 15», a expliqué le syndicat dans un communiqué.

Le glyphosate est prisé par les agriculteurs pour son efficacité et son faible coût.

Une pétition officielle demandant la disparition progressive du glyphosate dans l'UE, classée «initiative citoyenne européenne», a récolté plus d'un million de signatures. Elle a été déposée auprès de la Commission qui doit y répondre d'ici le début de l'année prochaine.

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