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(AFP)
© DAMIEN MEYER

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Google aussi a été infiltré par des contenus sponsorisés liés à la Russie

Le «Washington Post» relate comment des intérêts pro-Russie ont acheté de la publicité sur Google pour faire remonter des informations pendant la campagne présidentielle américaine. Google a longtemps nié avoir eu les problèmes d'infiltration que reconnaissent Facebook et Twitter

L'information n'a pas été officialisée par Google, mais le Washington Post cite des sources internes: comme Facebook et Twitter, qui participent à l'enquête du Congrès américain sur une possible ingérence de Moscou, Google aussi a été touché par de la désinformation russe pendant la campagne électorale américaine, contrairement à ce que le groupe affirmait le mois dernier.

L'article originalAdd Google to the list of tech companies used by Russians to spread disinformation

Des dizaines de milliers de dollars ont été dépensés pour accroître la visibilité de pages sur le moteur de recherche («Google ads»), et de vidéos sur YouTube, première plateforme du monde de diffusion de vidéos, et propriété de Google (rappelons ici qu'il est possible sur les réseaux sociaux de «faire remonter» des contenus en les sponsorisant, et en les ciblant vers des internautes selon leurs préférences, leur lieu de résidence, leur âge, ou leur historique de recherche). La régie publicitaire de Google DoubleClick a aussi été visée.

«La présence des Russes sur les médias sociaux a métastasé»

Autre révélation, ces publicités sur Google ne provenaient pas de l'Internet Research Agency, cette ferme à trolls russes déjà identifiée dans plusieurs affaires de propagande ou de désinformation, mais viennent d'autres organismes. Ce qui signifie que les centres opérationnels d'attaque sur le Web sont nombreux. «La présence des Russes sur les médias sociaux a métastasé, nous ne pouvons pas comprendre jusqu'où elle est allée», selon les mots d'un membre de la Commission parlementaire sur le renseignement. 

Le Washington Post cite aussi plusieurs chercheurs selon lesquels des millions d'internautes ont été touchés par une habile combinaison de messages sponsorisés ou pas, la désinformation se faisant plus intense dans les Etats où le vote promettait d'être plus indécis, amplifiant leur impact électoral. «Un vrai système. Du marketing de réseaux sociaux à un niveau expert, très bien mis en œuvre», reconnaît un chercheur du réputé Centre numérique Tow, à l'Université de Columbia.

Google n'a pas pu mettre en évidence que ces publicités utilisaient ses outils de ciblage politique, d'après l'enquête interne. Ainsi un compte lié à la Russie a dépensé 7000 dollars de publicité pour promouvoir le documentaire «You've been trumped», ce film sur les efforts de Donald Trump pour construire un golf dans un écosystème fragile d'Ecosse; un autre a dépensé pour 36 000 dollars de publicité posant la question de la démission de Barack Obama. Récemment, le Washington Post racontait comment les publicités payées par des comptes russes sur Facebook mettaient en scène des musulmans partisans de Hillary Clinton, et étaient ciblées vers des utilisateurs de Facebook susceptibles de craindre l'islam. Une vidéo du quotidien revient aussi sur les thèmes les plus souvent traités dans ces messages: l'immigration, le contrôle des armes, autant de sujets qui divisent politiquement.  

Lire: Facebook accepte de livrer au Congrès américain les publicités financées par Moscou

La semaine dernière, Facebook reconnaissait que la publicité payée et les 470 pages et comptes contrôlés par l'Internet Research Agency avaient atteint 10 millions de personnes. Des chiffres en réalité bien supérieurs selon le Tow Center de l'Université de Columbia, cité par le WaPo: les contenus de seulement 6 de ces 470 comptes ont probablement atteint les fils de nouvelles d'internautes des centaines de millions de fois. Le Tow Center a aussi mis en évidence une architecture sophistiquée reliant ensemble des comptes Twitter, Instagram voire Pinterest; toutes ces plateformes travaillant ensemble améliorent le référencement naturel, augmentant leur portée et leur positionnement dans les recherches Google.

Google est passé par Twitter

C'est en «siphonnant» des données de Twitter que Google a réussi à faire le lien entre certains comptes Twitter liés à la Russie et des comptes qui avaient acheté de la publicité à Google, et ainsi découvrir qu'il avait aussi été victime de manipulations pro-russes. Twitter a récemment annoncé avoir fermé 201 comptes liés à la Russie, et reconnu que trois comptes du site RT (l'ex-Russia Today, chaîne d'information à but d'influence) lui avaient acheté 274 000 dollars de publicité (il est inscrit dans la loi américaine qu'un Etat étranger n'a pas le droit de tenter d'influencer une élection).  

Lire: Des campagnes d’influence ont été postées sur Twitter depuis la Russie

 Twitter et Facebook sont convoqués devant le Congrès le 1er novembre, pour donner leur version des faits et expliquer ce qu'ils ont mis en place pour lutter contre ces programmes d'influence. Google n'a pas encore dit s'il accepterait une éventuelle invitation.


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