Critiqué de toutes parts, affligé d’une crise ministérielle presque permanente, se débattant depuis plusieurs semaines avec la crise provoquée par les notes de frais des parlementaires et de certains de ses ministres, le premier ministre Gordon Brown a reconnu, dans un entretien accordé samedi 20 juin au Guardian, que les derniers mois représentaient «la pire expérience de sa vie politique». «Les gens savent que nous avons fait des choix pour améliorer la situation économique. Même chose pour les notes de frais. Nous sommes dans la période entre la mise en application et les résultats», a-t-il expliqué.

Pour autant, Gordon Brown affirme ne pas être pas attaché coûte que coûte à son poste. «Pour être honnête, je pourrait quitter tout cela demain, a-t-il affirmé. Cela ne m’inquiéterait pas si je ne devais pas retourner dans un de ces endroits - Downing Street, Chequers. Cela ne m’inquiéterait pas du tout. Et ce serait probablement une bonne chose pour mes enfants». «Je ne suis pas intéressé par ce qui accompagne le fait d’être au pouvoir», a résumé le premier ministre britannique.

Il reconnaît avoir été «blessé» par les critiques à son encontre, mais il en relativise la portée: «C’est facile de trouver un individu à blâmer et faire de cette personne l’origine du problème, mais nous avons été frappés par un ouragan économique mondial, par un scandale de notes de frais inédit dans l’histoire de Westminster et nous sommes au gouvernement depuis 12 ans», rappelle-t-il.

Philosophe, Gordon Brown ajoute qu’il importe peu «à quel point vous vous sentez responsable et peu importe votre intégrité (...) et à quel point vous vous sentez blessé par ce que les gens disent, vous devez faire avec». Il admet qu’un de ses principaux défauts reste la communication – «Je ne suis pas un aussi bon communiquant que je voudrais. En fait, je ne suis pas bon du tout».