Boris Johnson est le premier chef de gouvernement à être hospitalisé à cause du Covid-19, mais de nombreux ministres ou conseillers présidentiels ont été infectés au fil de la progression de la pandémie à travers le monde. Les autorités des pays touchés ont dû, comme leur population, bouleverser leurs habitudes et ont fini par ne plus serrer de mains et présider des réunions de télétravail. Certains leaders s’affichent avec un masque, même si l’efficacité de cette protection fait débat.

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Précédent monégasque

Contrairement à d’autres virus, le coronavirus touche d’abord les élites globalisées, sautant par-dessus les frontières au gré des liaisons aériennes. Il n’est donc pas surprenant que les gouvernants soient particulièrement exposés. Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a été le premier dirigeant à être placé en quarantaine, après que son épouse, aujourd’hui guérie, a été testée positive le 12 mars. Une semaine auparavant, le prince Albert de Monaco annonçait lui aussi avoir été dépisté au coronavirus. Il s’agissait du premier chef d’Etat qui a révélé être infecté. Il s’est depuis remis.

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Les gouvernements italien, espagnol et français, les pays européens les plus touchés, ont rapidement adopté le télétravail pour limiter les risques de contagion. Mission dans l’ensemble accomplie, même si le ministre de la Culture français a été infecté. A contrario, l’Iran a vu son gouvernement décimé par la pandémie. Le vice-président a été testé positif mi-mars, de même que deux ministres, dont l’un a été admis aux soins intensifs. Des dizaines d’autres officiels ou parlementaires ont aussi été contaminés, le dernier en date n’est autre que le président du parlement, Ali Larijani, bien connu en Suisse quand il était le négociateur de son pays sur le programme nucléaire iranien.

Des imprudences et une panique

Sous la houlette de Donald Trump, les Etats-Unis ont eux aussi tardé à prendre la mesure de la menace. Le président a continué à recevoir des visiteurs jusqu’à la mi-mars, y compris certains qui se sont avérés infectés, dont le chef de la communication du président brésilien reçu en Floride. Jair Bolsonaro a été testé négatif, a-t-il finalement fait savoir, de même que Donald Trump à deux reprises, selon la Maison-Blanche. Vladimir Poutine a lui aussi été en contact avec des personnes infectées. Depuis, le président russe dirige le pays en télétravail et se porte bien, selon le Kremlin.

En Afrique, pour l’instant moins touchée que les autres continents, aucun chef d’Etat n’est officiellement contaminé. Au Nigeria, la contamination du bras droit du président Buhari a provoqué la panique au sommet de l’Etat. Le premier ministre ivoirien et candidat à la présidentielle d’octobre Amadou Gon Coulibaly s’est, lui, mis en quarantaine après avoir été en contact avec une personne infectée. Au Burkina Faso, plusieurs ministres sont infectés, dont le ministre des Affaires étrangères. Avec la fermeture des frontières, aucun des dignitaires n’a désormais la possibilité de se faire soigner à l’étranger comme ils en ont l’habitude, raillent les citoyens ordinaires.