Ces hausses sont «concentrées sur 2012 et 2013» et devraient rapporter respectivement 7,2 milliards et 6,1 milliards d’euros. Le gouvernement a aussi prévu un gel additionnel de dépenses pour 1,5 milliard d’euros sans que sa répartition ne soit encore précisée entre les différents ministères.

«Il y a bien une ardoise cachée que nous devons honorer pour respecter l’objectif d’un retour des déficits publics à 4,5% du PIB» à fin 2012, s’est justifié le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac.

Après avoir appelé la veille les Français à la «mobilisation» pour surmonter la crise économique, l’exécutif de François Hollande a détaillé plusieurs mesures dans un «collectif budgétaire» corrigeant le budget 2012 voté par l’ancienne majorité de Nicolas Sarkozy.

En se défendant d’avoir adopté une politique de rigueur, le gouvernement n’en a pas moins concocté une potion amère pour les Français. Il assure avoir voulu toucher les plus nantis, mais les mesures concerneront aussi à divers titres les classes moyennes.

«L’essentiel de vos ajustements porte sur les ménages et les familles modestes», a dénoncé l’ancien ministre de droite Laurent Wauquiez.

22 milliards d’euro de hausse d’impôts pour 2012

Ménages et entreprises paieront dès cette année 7,2 milliards d’euros, en plus, a souligné Jérôme Cahuzac, des 15 milliards déjà votés par la droite avant la présidentielle. Ce qui fait en tout 22 milliards de hausses d’impôts pour la seule année 2012.

Les mesures annoncées visent à respecter les engagements de réduction du déficit malgré une croissance en berne et à éloigner la menace d’une dégradation de l’image de la France sur les marchés financiers.

La volonté d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2017 est confirmée, mais le ministère du Budget a dû réviser à la hausse ses prévisions de dette publique et à la baisse les prévisions de croissance, à 0,3% pour 2012 et 1,2% pour 2013.

Selon le gouvernement, les hausses d’impôts pèseront cette année à peu près à parts égales sur les ménages et les entreprises.

Parmi les principales mesures, une surtaxe «exceptionnelle» sera exigée des contribuables assujettis à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), rapportant à elle seule 2,3 milliards d’euros en 2012.

Les donations et les grosses successions touchées

La fiscalité sera aussi alourdie sur les grosses successions et les donations, au-delà de 100.000 euros contre 159 325 euros jusqu’à présent.

L’exonération de cotisations sociales pour les heures supplémentaires – une mesure phare de Nicolas Sarkozy – est supprimée pour les entreprises de plus de vingt salariés. Cette mesure touchera les classes moyennes et populaires, selon l’opposition.

Le gouvernement a aussi prévu une contribution additionnelle à l’impôt sur les sociétés égale à 3% du montant des dividendes distribués.

Secteurs bancaire et pétrolier dans le viseur

Des taxes spéciales vont frapper les secteurs bancaire et pétrolier. Conséquence possible pour les automobilistes: une augmentation du prix des carburants d’un centime par litre.

Les dividendes distribués aux actionnaires seront dorénavant taxés à hauteur de 3%. La taxation des stock-options et des distributions d’actions gratuites est aussi renforcée.

Mais le plus dur pourrait être encore à venir: l’effort pour ramener le déficit public à 3% en 2013 devra être de 33 milliards, selon la Cour des comptes. Le gouvernement a déjà commencé à resserrer les boulons de la dépense, et devra compléter à l’automne sa réforme fiscale.