Maghreb

Gouvernement d’union nationale en Libye

Timide espoir pour la Libye avec l’annonce d’un gouvernement d’union nationale

La Libye a un nouveau gouvernement d’union nationale. En tout cas sur le papier. Après des mois de négociations réparties entre la Libye, la Tunisie, Genève et enfin le Maroc, l’émissaire de l’ONU, Bernardino Leon, a annoncé dans la nuit de jeudi une liste de ministres censée représenter une majorité les factions et tribus du pays.

La nouvelle équipe sera dirigée par Fayez el-Sarraj, un député du Parlement de Tripoli, le Congrès général national (CGN) qui n’était pas reconnu par la communauté internationale, contrairement à celui de Tobrouk, dans l’est du pays. Il sera assisté par quatre vice-Premier ministres, représentant chacun l’un des régions de Libye.

Le CGN a toutefois refusé de proposer des noms de ministres, même si certains ont accepté de participer au gouvernement à titre individuel. L’annonce de ce gouvernement d’union nationale est très loin d’avoir réglé toutes les dissensions entre Libyens. Déjà, des voix s’élèvent pour dénoncer la mainmise de la milice de Misrata, qui avait joué un rôle clef dans le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011. Des habitants de Benghazi ont manifesté vendredi contre le nouveau gouvernement. «Cette liste n’est pas parfaite, a reconnu Bernardino Leon, mais c’est un luxe que d’autres pays de la région, comme la Syrie, l’Irak ou le Yémen, ne peuvent pas s’offrir.»

Depuis 2011, le pays est sans gouvernement central, déchiré par les luttes entre les milices de différentes villes. Un chaos dont ont profité les djihadistes de l’Etat islamique pour gagner du terrain. Les passeurs, qui entassent les migrants et les réfugiés sur des embarcations à destination de l’Italie, ont aussi pignon sur rue.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, ne s’y est pas trompé. Il a appelé toutes les parties libyennes à «ne pas gâcher» cette chance. «La Libye a trop peu d’opportunités de paix durable», a-t-il ajouté vendredi, en marge d’une visite en Bulgarie. L’Union européenne a promis un soutien à hauteur de 100 millions d’euros au nouveau gouvernement.

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