Le gouvernement conservateur espagnol a exigé samedi que le groupe séparatiste basque ETA «demande pardon» et annonce sa «dissolution définitive», après avoir remis une liste de ses caches d'armes aux autorités françaises.

Cette remise des armes signifie «la défaite définitive» de l'ETA «face à la démocratie espagnole», souligne le gouvernement de Mariano Rajoy dans un communiqué. Les membres du groupe «ne peuvent attendre aucun traitement de faveur du gouvernement», réitère Madrid.

Un «grand pas» selon Paris

L'ETA a accompli un «grand pas» en remettant aux autorités françaises, via des intermédiaires, une liste de caches d'armes en cours de localisation.

La remise de cette liste est «un grand pas» et marque un «jour incontestablement important», a souligné samedi le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl, en assurant que cette décision avait «été prise de façon unilatérale par l'ETA.»

L'ETA, qui avait renoncé à la lutte armée en 2011 mais est toujours classée comme «organisation terroriste» par l'Union européenne (UE), avait annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi, dans un communiqué à la BBC, son «désarmement total» pour le samedi 8 avril.

A ce propos: L'organisation séparatiste ETA va rendre les armes le 8 avril

Un responsable: «L'indépendantisme va marquer les prochaines années»

De son côté, Arnaldo Otegi, ex-dirigeant de Batasuna considérée comme le bras politique de l'ETA, estime que son «désarmement» est un «événement historique», qui sera suivi d'un débat interne «sur son avenir», tandis que les Basques chemineront vers un pays indépendant.

«Je crois que l'ETA devra lancer un débat entre ses militants sur son propre avenir. Mais je ne vais pas faire d'appel public», répond-il lors de cet entretien réalisé peu avant l'annonce par l'ETA de son processus de désarmement, officialisé samedi.

Otegi considère que le désarmement de l'ETA ouvre «un nouveau scénario», qui permettra à la gauche indépendantiste basque «de mettre sur la table les sujets non résolus: le sort des prisonniers, des personnes recherchées, de la législation d'exception et de la démilitarisation», du Pays basque, dit-il en dénonçant une forte présence policière.

Lire aussi: Le ras-le-bol basque contre l’éloignement des prisonniers de l’ETA

«L'indépendantisme va marquer les prochaines années du pays», assure-t-il alors qu'au Pays basque espagnol, comptant 2,1 millions d'habitants, les partis favorables à l'indépendance ou à une plus large autonomie sont très majoritaires.