Le tragique feuilleton des kidnappings et des attentats s'est poursuivi en Irak à la veille des élections américaines. Le vice-gouverneur de Bagdad, Hassan Kamel Abdel Fattah, a été abattu dans le quartier de Dora, dans le sud de la capitale, alors qu'il se rendait à son bureau. Deux de ses gardes du corps ont été blessés. L'attaque a ensuite été revendiquée sur Internet par le groupe islamiste Ansar Al-Sunna, lié au réseau terroriste Al-Qaida. L'enlèvement de six personnes, dont un Américain et un Asiatique, a par ailleurs été confirmé dans la soirée par la force multinationale.

Au même moment, profitant peut-être de la focalisation de l'attention internationale sur le scrutin aux Etats-Unis, le nouveau gouvernement irakien a renforcé les préparatifs d'attaque contre les bastions insurgés sunnites de Falloujah et Ramadi. Le premier ministre irakien, Iyad Allaoui, a directement menacé les habitants de Falloujah si une issue pacifique n'était pas trouvée avec les dignitaires de la ville. Un point de vue contesté par le président Ghazi al-Yaouar, chef d'une grande tribu sunnite de la région de Mossoul. Ce dernier, dont le rôle est surtout honorifique, a déclaré à un journal koweïtien qu'il «désapprouve totalement ceux qui pensent à la nécessité d'une solution militaire (à Falloujah). La gestion de cette crise par la coalition est erronée.» L'armée américaine, qui soupçonne l'islamiste jordanien Abou Moussab al-Zarkaoui d'avoir établi son quartier général à Falloujah, a resserré l'étau depuis le 14 octobre autour de la ville, multipliant raids aériens et opérations terrestres.

Enfin, le coup d'envoi du processus d'inscription sur les listes électorales, en prévision du scrutin de janvier 2005, a été donné lundi. Les Irakiens ont jusqu'à la mi-décembre pour s'assurer que leurs noms figurent sur les registres. Mais un grand nombre d'entre eux ne semblent pas bien comprendre la procédure.