L’avant-poste de Ramat Gilad, situé au sud de la ville palestinienne de Naplouse, deviendra une «communauté permanente au sein de l’Etat d’Israël», en échange du déplacement de cinq caravanes aujourd’hui situées sur des terres privées palestiniennes, a précisé le conseil de Yesha, organisation représentative des colons juifs de Cisjordanie.

«Je suis très satisfait de cet accord, qui a empêché des violences inutiles et qui renforcera Ramat Gilad et plus généralement l’ensemble des implantations», s’est félicité le président de Yesha, Danny Dayan, dans un communiqué.

Aux yeux de la communauté internationale, les colonies et avant-postes israéliens sont illégaux, qu’ils aient ou non été approuvés par les autorités israéliennes.

En octobre dernier, le gouvernement de Benyamin Netanyahou avait fait part de son intention d’examiner les moyens juridiques de légaliser des avant-postes construits sans autorisation.

Le ministre sans portefeuille Benny Begin, un dirigeant du parti Likoud (droite), chargé du dossier des colons, avait alors déclaré que le gouvernement voulait autoriser a posteriori les constructions illégales en Cisjordanie «tant qu’elles ne sont pas sur des terres privées palestiniennes».

Certains avant-postes, parfois seulement constitués de quelques caravanes isolées, n’ont pas été approuvés par les autorités israéliennes car établis, au moins en partie, sur des terres privées palestiniennes. La Cour suprême israélienne a exigé leur démantèlement.

«L’accord conclu sur la légalisation de Ramat Gilad est le signe que le gouvernement a offert sa reddition aux colons, qui peuvent désormais construire où ils le veulent. Sous leur pression, le gouvernement a renoncé à tous les principes de justice», a déclaré à l’AFP Hagit Ofran, une porte-parole du mouvement anti-colonisation La Paix maintenant.

En 2009, Benyamin Netanyahou s’était engagé auprès du président américain Barack Obama à évacuer une vingtaine de «colonies sauvages», dont Ramat Gilad. Ses prédécesseurs, Ehoud Olmert et Ariel Sharon, avaient déjà promis qu’ils démantèleraient ces implantations qui consistent parfois en quelques mobile-homes perchés sur une hauteur.

Quelque 310 000 colons sont implantés en Cisjordanie ainsi que plus de 200 000 Israéliens dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est (annexée).

Un complexe touristique dans le quartier palestinien de Jérusalem

Par ailleurs, la municipalité israélienne de Jérusalem a autorisé la construction d’un complexe touristique controversé dans le quartier palestinien de Silwan, à Jérusalem-Est annexée, a-t-on appris auprès d’un conseiller municipal.

Silwan, qui compte plus de 40 000 habitants palestiniens, est situé en contrebas de la vieille ville de Jérusalem et est régulièrement le théâtre de tensions entre résidents palestiniens et des dizaines de colons juifs qui se sont installés, sous haute surveillance, dans ce quartier.

«La mairie a autorisé la construction d’un complexe touristique comprenant notamment 250 places de parking, un parc archéologique, des salles de réception, des restaurants et une bibliothèque», a déclaré le conseiller municipal Pépé Alalou, membre du parti d’opposition Meretz (gauche).

La municipalité a aussi approuvé la construction d’un bain rituel, pour l’usage des visiteurs juifs de la «Cité de David», un ensemble de vestiges archéologiques datant de l’époque du roi David, a précisé Pépé Alalou.

Les deux projets de construction ont été lancés par l’organisation nationaliste Elad dont le but avoué est de renforcer la présence juive dans les quartiers arabes de Jérusalem-Est.

«Israël a autorisé l’organisation de colons Elad à construire un énorme projet à Silwan, qui devrait s’étendre sur 8400 mètres carrés», a déploré Fakhri Abu Diab, responsable du comité de défense palestinien de Silwan.

Israël considère l’ensemble de Jérusalem, y compris Jérusalem-Est, comme sa «capitale indivisible» depuis sa conquête et son annexion en juin 1967 à l’issue de la guerre des Six-Jours.