C’est le premier ministre Jan Peter Balkenende qui a annoncé la nouvelle ce samedi: «je vais présenter à la reine, plus tard dans la journée, la démission des ministres et des secrétaires d’Etat du PvdA», le parti travailliste, a déclaré M. Balkenende lors d’une conférence de presse à La Haye.

Les travaillistes, l’un des trois partis de la coalition, étaient opposés au maintien d’une mission militaire néerlandaise en Afghanistan au-delà de l’été, tandis que le Premier ministre, sous pression notamment des Etats-Unis, souhaitait une poursuite des discussions.

M. Balkenende, qui était à la tête d’une coalition de centre-gauche depuis 2007, son quatrième gouvernement depuis 2002, a ajouté qu’il allait «mettre à disposition les portefeuilles et fonctions des autres ministres et secrétaires d’Etat».

Des élections législatives vont devoir être organisées, un an avant l’échéance prévue en mars 2011. Des élections municipales ont lieu le 3 mars.

Interrogé sur l’avenir de la mission néerlandaise en Afghanistan, le secrétaire d’Etat à la Défense Jack de Vries a répondu: «cela dépendra de ce que le nouveau gouvernement décidera». Il s’est dit «extrêmement déçu».

La question afghane divise profondément

Réunis depuis vendredi en fin de matinée, les ministres des trois partis de la coalition n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la réponse à donner à l’Otan et ont constaté leurs profondes divergences.

En Afghanistan depuis août 2006, les Pays-Bas ont déployé 1.950 soldats dans la province d’Uruzgan (sud). Leur retrait doit commencer en août et être achevé à la fin de l’année, selon une décision prise en 2007 par le gouvernement et entérinée par les députés.

Le parti travailliste du ministre des Finances Wouter Bos avait exigé que le conseil des ministres de vendredi prenne une décision sur la requête de l’Otan. L’Alliance avait demandé le 4 février aux Pays-Bas de maintenir un an de plus une mission «de petite taille» chargée de former les forces afghanes.

Le PvdA y était catégoriquement opposé. Le Premier ministre, à la tête du Parti chrétien-démocrate (CDA), souhaitait de son côté une poursuite des discussions au sein de la coalition.

M. Balkenende et son ministre des Affaires étrangères Maxime Verhagen avaient été pressés, notamment par les Etats-Unis, de maintenir des troupes en Afghanistan. «Nous avons essayé pendant 16 heures de trouver une solution», a souligné M. Verhagen. «Je regrette beaucoup que la volonté ait manqué pour examiner toutes les possibilités», a-t-il ajouté.

Le PvdA «ne pouvait plus participer de façon crédible à ce gouvernement» et a par conséquent décidé de démissionner, a expliqué de son côté Wouter Bos.

Aucun consensus n’avait été trouvé mercredi lors d’une réunion entre les dirigeants des trois partis de la coalition, Jan Peter Balkenende, Wouter Bos et, pour l’Union chrétienne (CU), Andre Rouvoet.

La pression du Parlement

Les députés avaient demandé au gouvernement de prendre une décision sur le maintien des troupes en Afghanistan avant le 1er mars.

«En raison d’une défiance installée depuis longtemps, le gouvernement ne pouvait plus gouverner, c’étaient les querelles qui gouvernaient», a affirmé Agnès Kant, la chef de file du parti socialiste (SP), principal parti d’opposition à la chambre basse.

»C’est comme ça que le gouvernement a perdu sa crédibilité», a-t-elle estimé. «Je suis contente que les électeurs aient maintenant la parole car nous sommes devant des choix difficiles».

21 soldats néerlandais ont été tués depuis le début de la mission des Pays-Bas dans le cadre de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan, forte d’environ 85.000 soldats.