«Nous demandons aux familles qui habitent dans le camp militaire d’Ivato et aux habitants des environs de quitter momentanément les lieux et de rejoindre un endroit plus sûr», indique ce message du ministère de la Défense, diffusé à la radio et à la télévision. La vingtaine d’officiers mutins était toujours vendredi matin dans une caserne à proximité de l’aéroport international, à environ quinze de la capitale.

Mercredi, ils avaient affirmé avoir «suspendu toutes les institutions» du régime d’Andry Rajoelina. Leur déclaration est restée jusqu’à présent sans effet avec l’absence de soutien apparent du reste de l’armée et la poursuite des activités habituelles dans la capitale.

Jeudi, ils avaient assuré vouloir poursuivre leur tentative de renverser le régime Rajoelina, appelant l’armée et la population à rejoindre les lieux

Leur appel à la mutinerie a été lancé le jour même d’un référendum constitutionnel organisé par le pouvoir en place et boycotté par une partie de l’opposition, le premier scrutin depuis l’éviction en mars 2009 du président élu Marc Ravalomanana et l’accession au pouvoir de M. Rajoelina, 36 ans.

En fonction du résultat et surtout du taux participation de ce scrutin, le régime de M. Rajoelina, arrivé au pouvoir avec l’aide de l’armée, pourrait se prévaloir d’une légitimité populaire, selon plusieurs observateurs dans l’île. Mercredi soir, M. Rajoelina avait prévenu que l’Etat prendrait «ses responsabilités» face aux mutins et aux «velléités de troubles de certains».

Situation apparemment normale

Les mutins sont dirigés par un ancien ministre des Forces armées, le général Noël Rakotonandrasana, actuellement sans affectation. La caserne où ils sont retranchés abrite notamment des bâtiments où vivent de nombreuses familles de militaires.

La situation y était parfaitement normale depuis le début de la mutinerie, piétons et véhicules circulant librement dans et autour de la base. Aucun déploiement militaire n’était visible sur place.

Madagascar est plongée dans une crise politique majeure depuis fin 2008 et le début du mouvement de contestation populaire emmené par l’ex-maire d’Antananarivo Andry Rajoelina, qui a débouché sur le départ forcé de M. Ravalomanana, aujourd’hui en exil en Afrique du Sud.