France

Le gouvernement sommé par le Conseil d’Etat d’installer des points d’eau et des sanitaires à Calais

La plus haute juridiction administrative rejette l’appel du Ministère de l’intérieur et de la ville de Calais ,et valide des mesures d’aide, estimant qu’actuellement les migrants sont soumis à des traitements «inhumains et dégradants»

Le Conseil d’Etat français a validé lundi des mesures d’aide aux migrants contestées par les autorités, en jugeant que leurs conditions de vie les exposaient «à des traitements inhumains ou dégradants», selon une décision consultée par l’AFP.

Saisi en référé par onze associations et une cinquantaine de migrants, le tribunal administratif de Lille, dans le nord du pays, avait écarté le 26 juin la création d’un nouveau centre d’accueil d’urgence pour les migrants à Calais mais avait ordonné la mise en place de mesures pour leur venir en aide, comme la création de points d’eau et de sanitaires.

Lire aussi: Deux enquêtes dénoncent les violences policières françaises à l’égard des requérants mineurs non accompagnés

Le tribunal avait également enjoint au représentant de l’Etat, le préfet, d’organiser, à destination des migrants qui le souhaitent, des départs depuis Calais vers les centres d’accueil et d’orientation ouverts sur le territoire français dans lesquels des places sont disponibles.

Le Ministère de l’intérieur et la ville de Calais avaient fait appel de cette décision, car ils redoutent la réinstallation de campements sauvages, à l’image de la «Jungle», l’ancien bidonville de Calais détruit l’automne dernier. Des appels rejetés par la plus haute juridiction administrative.

Entre 400 et 700 migrants à Calais

Le nombre de migrants à Calais, actuellement entre 400 et 700 personnes selon une estimation citée vendredi par le rapporteur public au Conseil d’Etat, a beaucoup augmenté ces dernières semaines.

Selon le constat dressé par le Conseil d’Etat, les «migrants, qui se trouvent dans un état de dénuement et d’épuisement, n’ont accès à aucun point d’eau ou de douche ni à des toilettes et ne peuvent ainsi, notamment, ni se laver ni laver leurs vêtements et souffrent en conséquence de pathologies telles que la gale ou des impétigos, de divers troubles liés à une mauvaise hygiène ou encore de plaies infectées ainsi que de graves souffrances psychiques résultant de cette situation».

«La prise en compte par les autorités publiques des besoins élémentaires des migrants qui se trouvent présents à Calais en ce qui concerne leur hygiène et leur alimentation en eau potable demeure manifestement insuffisante et révèle une carence de nature à exposer ces personnes, de manière caractérisée, à des traitements inhumains ou dégradants, portant ainsi une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale», juge-t-il.

Publicité