«Le ministre de la Justice a présenté un projet de loi d’amnistie générale, qui a été adopté par le Conseil des ministres, qui a décidé de le soumettre au Parlement», a déclaré le ministre du Développement, Ahmed Néjib Chebbi. «Le mouvement Ennahdha sera concerné par l’amnistie générale», a précisé le ministre de l’Enseignement supérieur Ahmed Ibrahim, devant des journalistes.

Interdit sous le régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, qui a fui le 14 janvier pour l’Arabie saoudite à l’issue d’un mois de révolte populaire sans précédent, le parti islamiste Ennahdha avait annoncé mardi qu’il allait demander sa légalisation.

Le premier ministre du nouveau gouvernement de transition, Mohammed Ghannouchi, avait annoncé lundi entre autres mesures de démocratisation que tous les partis politiques qui le demanderont seront légalisés.

«A partir de demain, la commission chargée de préparer les élections commencera à travailler. Il y a des lois à écrire, d’autres à revoir, dans un esprit de concertation avec toutes les tendances et toutes les sensibilités, sans aucune exception», a aussi déclaré à la presse Ahmed Ibrahim, chef du parti Ettajdid (ex-communiste).

Selon la Constitution tunisienne, les élections présidentielles et législatives doivent avoir lieu dans un délai maximum de deux mois, en cas de vacance du pouvoir. Mais le Premier ministre a indiqué qu’elles auraient lieu «d’ici six mois». «Il y a des solutions pour réussir cette transition sans être en dehors de la Constitution, malgré les limites du système politique et des lois actuelles», a jugé M. Ibrahim.