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Le «grand débat national» français trouvera réponse en avril

Le clap de fin est tombé vendredi 15 mars sur les réunions publiques et les consultations organisées dans le cadre du «grand débat national» français. Deux séries de conférences régionales vont maintenant avoir lieu. Pour un début de réponse, il faudra attendre la mi-avril. Les plus radicaux des «gilets jaunes», eux, annoncent une nouvelle mobilisation ce samedi.

Pascal Perrineau prend, depuis des décennies, le pouls de l’opinion française. Il était donc logique que le politologue s’exprime, au sein du collège des cinq «garants» du «grand débat national» français achevé vendredi, sur la qualité des milliers de réunions et consultations organisées à travers le pays depuis son lancement, à la mi- janvier. Verdict? «Nous avons vécu un moment marqué par un foisonnement d’initiatives. La parole citoyenne s’est libérée. Le débat a vécu sa vie en dehors des règles fixées au début», s’est réjoui mercredi l’universitaire, habitué à suivre de près l’extrême droite et les populismes. Bravo, donc, au peuple qui a répondu présent. Mais un petit carton jaune par contre pour le gouvernement et celui qui a lancé ce débat national: Emmanuel Macron.

La communication présidentielle très appuyée a parfois entravé la mobilisation. Elle a pu introduire un doute sur la neutralité des échanges.

Pascal Perrineau, politologue

La communication présidentielle très appuyée a parfois entravé la mobilisation. Elle a pu introduire un doute sur la neutralité des échanges.

Pascal Perrineau, politologue

Côté calendrier, l’agenda des réunions n’est pas épuisé. Si le «grand débat national» s’est conclu hier, ouvrant la voie au dépouillement des près d’un million et demi de contributions en ligne et des 16 000 cahiers de doléances – par l’institut Opinion Way, le cabinet Roland Berger et une société d’intelligence artificielle –, plusieurs rendez-vous importants restent à venir. Des conférences régionales sont ainsi organisées, ce week-end et le week-end prochain, avec près d’une centaine de citoyens tirés au sort, à la manière des «focus group» organisés par les agences publicitaires pour recueillir les avis des consommateurs (l’une sera consacrée aux jeunes). En parallèle, Emmanuel Macron poursuivra lui son audit de ce pays qui a failli lui échapper avec la crise des «gilets jaunes».