Dans le flot d'informations contradictoires, et non confirmées, sur l'état de santé de Yasser Arafat, laquelle retenir? Peut-être celle-ci, donnée sous le couvert de l'anonymat par un responsable palestinien à la presse israélienne: il serait envisagé de «rapprocher» l'homme malade du Proche-Orient (on parle de l'Egypte). Une information qui semble avoir les allures d'un aveu tant elle pourrait en réalité préparer les modalités d'une annonce officielle de la mort du président palestinien.

Dans un geste où la théâtralité le dispute au tragique, un messager était en outre attendu à Ramallah, dépêché par la femme d'Arafat, Souha, pour donner des nouvelles du président. Bien plus qu'à éclairer l'état de santé du raïs, ce geste sert de mouvement supplémentaire dans le grand jeu de la succession qui bat désormais son plein dans le camp palestinien. Mohammed Dahlan, le messager, ainsi réhabilité, cet «homme fort» de Gaza pourra faire valoir son droit à la parole.

Ce week-end aura surtout été marqué par les tentatives du premier ministre Ahmad Qoreï d'obtenir de la part du Hamas une sorte de trêve interne. Elle chercherait principalement à calmer la situation à Gaza, où diverses actions de groupes armés ont fait craindre aux dirigeants palestiniens la mise en place d'une spirale incontrôlable. De fait, il s'agit de la première action d'importance entreprise par le premier ministre depuis le départ d'Arafat.

Vue à travers le prisme israélien, cette trêve interne n'a cependant que peu de valeur. Le ministre de la Défense, Shaoul Mofaz, n'aurait pas écarté la perspective d'une «escalade de la violence» dirigée contre l'Etat hébreu. «Nous espérons l'«établissement d'une nouvelle direction qui amènera à la création d'une seule autorité, d'une seule force armée et d'une seule loi», aurait poursuivi Shaoul Mofaz devant le Conseil des ministres réuni à Jérusalem, en assurant qu'Israël «ne va pas interférer dans les questions internes palestiniennes».

Transition ou pas, l'armée n'en poursuit pas moins ses actions violentes dans les territoires. A Jénine, hier, un commando déguisé en civils palestiniens a ouvert le feu sur une voiture de supposés «terroristes», tuant les quatre passagers. Des responsables de l'armée faisaient valoir que des «mesures positives» en faveur des Palestiniens ne seraient envisagées que lorsque les «réformes» seraient largement entamées, entendant par là la mise au pas complète des divers mouvements radicaux. Une situation qui n'est pas sans rappeler «la semaine de calme absolu» qu'a exigée Ariel Sharon durant des mois, comme préalable pour faire progresser «la feuille de route».