Avec l’élection de Jair Bolsonaro, les généraux (certes, réservistes) s’apprêtent à revenir en force au pouvoir, pour la première fois depuis le coup d’Etat de 1964, point de départ d’une dictature de 21 ans. A commencer par le vice-président, Hamilton Mourão, qui n’exclut pas la possibilité d’un «auto-coup d’Etat», en cas d’anarchie. Le choix d’un colistier issu de l’armée n’est pas anodin. Ce serait une manière de prémunir le président contre toute tentative de destitution, en l’adossant aux militaires. Comme Jair Bolsonaro, Hamilton Mourão est abonné aux dérapages verbaux contre les Noirs, les Indiens, et les foyers pauvres dirigés par des femmes, des «fabriques d’inadaptés».

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Proche parmi les proches, le général Augusto Heleno est, pour l’heure, le seul assuré d’un portefeuille, la Défense. En 2004 et 2005, il avait mené la mission de l’ONU en Haïti, où des soldats brésiliens ont été accusés d’abus sexuels. Aujourd’hui, Augusto Heleno fait l’interface entre Bolsonaro et l’armée, et coordonne l’équipe chargée de détailler son programme. Le général Oswaldo Ferreira, lui, est pressenti aux Transports. Spécialiste de la logistique et de l’infrastructure, il avait pris part à la construction, dans les années 70, de la BR -163, une autoroute de 1780 km qui passe par la forêt amazonienne.

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«J’ai abattu tous les arbres qu’il y avait devant nous sans être embêté, raconte-t-il sans complexes. Aujourd’hui, pour abattre un arbre, un tas de gens viennent vous casser les pieds», allusion aux procédures d’autorisations environnementales. Enfin, le général Alessio Ribeiro Souto pourrait récupérer le portefeuille Science, Technologie et Communication. Pour l’instant, il planche sur la réforme éducative. Au menu: épurer les programmes de toute influence de la gauche, en supprimant genre et sexualité, et enseigner «la vérité» sur la dictature: «Il y a eu des morts dans les deux camps.»