Il y a ce vieux monsieur de 90 ans, installé au Royaume-Uni depuis 1961, qui n’a pas les documents nécessaires: «Je m’en occuperai fin 2020, si je suis encore en vie.» Il y a aussi cette femme de militaire britannique, furieuse: «Mon mari a servi dans les forces armées pendant trente-deux ans. Il est honteux que je doive déposer une demande pour rester dans ce pays.» Il y a enfin cette impression dominante d’être soudain rejeté par son pays d’adoption. «Ça fait vingt-six ans que je vis au Royaume-Uni, plus longtemps que dans mon pays de naissance. Je m’étais toujours senti pleinement intégré […] et maintenant, j’ai l’impression d’être un citoyen de seconde zone, qui doit justifier son existence.»

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