Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Un retrait des Etats-Unis constituerait un camouflet pour les Européens, eux qui espéraient encore il y a une semaine, au G7 de Taormina, amener Donald Trump à changer d’avis.
© Andrew Medichini / AP PHOTO

Planète

La grande peur des Européens pour le climat

L’Union européenne pourra compter sur la Chine pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Mais les réticences de Washington l’inquiètent au plus haut point

La chancelière allemande, Angela Merkel, avait affirmé à l’issue du G7 de Taormina, la semaine dernière, que les Européens ne pouvaient plus compter comme par le passé sur certains de leurs alliés. Une allusion aux Etats-Unis à la tête desquels Donald Trump renie - ou menace de renier – de nombreux engagements pris par son prédécesseur. Et ce sur des problèmes aussi cruciaux que le commerce et le climat.

Signe supplémentaire que les temps changent: l’Union européenne (UE) a trouvé un nouvel allié dans sa lutte contre le changement climatique et non des moindres. La Chine, premier émetteur mondial de gaz à effets de serre (juste devant les Etats-Unis), devrait confirmer ce vendredi à Bruxelles sa volonté de continuer sa coopération avec l’UE en matière de climat. Une alliance qui n’était pas si évidente il y a quelques années.

Première déclaration commune

A Bruxelles, la Chine et l’UE sont censés adopter une première déclaration conjointe sur le changement climatique et l’énergie propre. Validé par les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk, ainsi que par le premier ministre chinois Li Keqiang, le texte doit expliquer comment les deux parties entendent mettre en œuvre les engagements pris en 2015, à l’occasion de l’accord de Paris. Et cela, que les Etats Unis se retirent ou pas.

La Commission européenne n’a pas pour habitude de commenter des articles de presse avant la confirmation officielle de leur contenu. Mais cette fois, elle n’a pas hésité à réagir, laissant transparaître son inquiétude. C’est le commissaire européen au Climat, l’Espagnol Miguel Arias Cañete, qui a pris les devants. Il a affirmé que si l’objectif est de ne laisser personne sur le côté, «l’UE et la Chine ont décidé d’avancer ensemble». Le commissaire a également jugé que l’accord de Paris pourrait survivre et s’appliquer sans les Etats-Unis.

Position ferme de Jean-Claude Juncker

Plus tard dans la soirée, c’est le président de la Commission lui-même, Jean-Claude Juncker, qui a réagi. Il a eu des mots plutôt fermes à l’encontre de Donald Trump, lui rappelant qu’un retrait de l’accord de Paris ne pourrait pas se faire en une nuit. «Ca ne marche pas comme ça», a-t-il dit lors d’un discours à Berlin, estimant qu’il faudrait 3 à 4 ans pour sortir juridiquement de cet accord. «Le principe «America first» et je m’en vais, ça ne se passera pas comme ça.»

Jean-Claude Juncker a estimé que le vide laissé par les Etats Unis, s’ils venaient à sortir de l’accord, serait à combler et que l’UE aurait alors naturellement «des aspirations pour un leadership sur l’ensemble du processus». Mais il a confié qu’il souhaiterait que l’UE n’endosse pas ce rôle suite à des décisions de Donald Trump ou d’autres événements du genre.

Un retrait américain synonyme de camouflet pour les Européens

Car au-delà des réassurances selon lesquelles l’accord de Paris continuera sa vie propre, au-delà des promesses d’unité renouvelée, un retrait des Etats-Unis constituerait un camouflet pour les Européens, eux qui espéraient encore il y a une semaine, au G7 de Taormina, amener Donald Trump à changer d’avis.

Même Emmanuel Macron, le nouveau président français, avait affiché son espoir en expliquant le 27 mai devant la presse bruxelloise qu’il avait demandé à Donald Trump de «ne pas prendre de décision précipitée». Mais les choses ne se sont pas bien passées entre Trump et les Européens et le président du Conseil européen Donald Tusk avait déjà fait part du fossé persistant sur les questions du climat et du commerce, sans parler de la Russie, après sa rencontre, le 27 mai, avec Donald Trump.

Aveu d’échec

Hier matin, Donald Tusk a d’ailleurs demandé à Donald Trump de ne pas quitter l’accord de Paris mais aussi de ne pas «empirer» le climat, notamment politique, comme il l’a écrit sur son compte Twitter. Jean-Claude Juncker semblait lui aussi reconnaître mercredi soir l’échec des Européens. «On a essayé d’expliquer cela (les aspects juridiques de l’accord, ndlr) en termes simples et clairs au président américain. Il semble qu’on n’ait pas réussi.»

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a