Dans une année, Hassan Rohani quittera son bureau de la rue Pasteur, ainsi nommée en hommage au père français du vaccin contre la rage. Mais une sortie avec les honneurs reste un rêve lointain pour le président iranien, tant les défis s’additionnent. L’urgence concerne le coronavirus. Mercredi, le décompte officiel – 178 000 cas d’infection et 8500 morts – confirme la résurgence de la pandémie après une accalmie passagère. Cette seconde vague a vu tripler le nombre d’infections depuis que le gouvernement a décidé de rouvrir les commerces, les mosquées et les mausolées – une approche dénoncée par certains épidémiologistes comme prématurée.

Lors d’une réunion de son cabinet mercredi, Hassan Rohani a attribué cette hausse du nombre de cas à des capacités étendues de dépistage. Contredisant les données officielles, le président a affirmé que de nombreux foyers infectieux étaient redevenus sous contrôle. Après avoir initialement minimisé le danger posé par le virus, il a tout de même appelé la nation à adapter son mode de vie, car «il n’y a pas de fin en vue». Son administration n’a pourtant fait que donner des recommandations – l’obligation du port du masque n’est par exemple pas appliquée – et a rejeté les appels pressants à réimposer le confinement strict de provinces pauvres et sous-développées où la maladie effectue en ce moment un retour en force alarmant, comme le Khuzestan, le Kurdistan ou le Kermanshah.