Redoutant des manifestations de protestation de l’opposition au président Mahmoud Ahmadinejad, les autorités ont cantonné la presse étrangère dans une tribune officielle place Azadi pour écouter le discours prévu de l’ultraconservateur Ahmadinejad.

La foule a convergé de plusieurs points de la capitale en sept cortèges vers la place Azadi (Liberté), agitant d’innombrables drapeaux iraniens vert, blanc et rouge, et des pancartes proclamant «Mort à Israël» et ¨Mort à l’Amérique», selon les images montrées par la télévision d’Etat.

Les manifestants scandaient des slogans favorables au guide de la République islamique Ali Khamenei.

De très importantes forces de police anti-émeutes étaient déployées dans et autour de cette place, partiellement protégée par des échafaudages, où M. Ahmadinejad doit prononcer un discours, selon un journaliste de l’AFP sur place.

Les principaux leaders de l’opposition qui n’a pas le droit de manifester, ont appelé leurs partisans à participer massivement aux rassemblements officiels dans tout l’Iran pour faire entendre leur voix.

«Des milliers et des milliers de partisans du mouvement vert (la couleur de l’opposition à M. Ahmadinejad) sont dans les rues», a affirmé le site d’opposition Rahesabz. Mais on ne disposait dans l’immédiat d’aucune confirmation indépendante de ces protestations.

L’une des principales figures de l’opposition, l’ex-chef du Parlement Mehdi Karoubi, a annoncé sa participation à la manifestation avec ses partisans, en dépit d’avertissements et de pressions exercées sur sa famille et son entourage par les autorités, a indiqué son fils Hossein Karoubi à l’AFP. La police a notamment arrêté plusieurs de ses proches mercredi, a-t-il précisé.

Des manifestations à répétition de l’opposition depuis la réélection contestée le 12 juin de M. Ahmadinejad ont entraîné des dizaines de morts et des milliers d’arrestations dans tout l’Iran, mais la répression exercée par le pouvoir n’a pas entamé jusqu’à présent la détermination des protestataires.

Depuis les autorités ont exécuté deux opposants et en a condamné dix à mort.

Dans ce contexte tendu et alors que l’Iran est menacé de nouvelles sanctions internationales pour son refus d’arrêter l’enrichissement d’uranium, le pouvoir a averti qu’il ne tolèrerait pas de voix discordantes lors de ces manifestations traditionnellement destinées à afficher la force et la popularité du régime islamique.

«La police a pris des mesures pour que les cérémonies se déroulent dans le calme et la sécurité», a déclaré un responsable officiel non identifié cité jeudi par l’agence Fars. «Si certains veulent profiter de la présence massive de la population, la police interviendra fermement».