La Noire de… (1962), du Sénégalais Ousmane Sembène. Le premier long-métrage africain traite de racisme. Il se termine par le suicide de Diouana, l’héroïne noire bonne à tout faire d’une famille française. ■ Soleil O (1967), du Franco mauritanien Med Hondo. Un immigrant africain en France, entre discrimination et racisme, peine à trouver du travail. Léopard d’or au festival de Locarno en 1970. ■ Wazzou (1970) du Nigérien Oumarou Ganda. Entre polygamie, mariage forcé et vengeance, le cinéaste peint les travers des sociétés et des dirigeants africains, et nigériens en particulier. ■ Touki Bouki (1973) du Sénégalais Djibril Diop Mambety. Le cinéaste montre qu’il faut tourner la page de la colonisation en critiquant, de façon acerbe, l’engouement des jeunes pour l’Occident. ■ Jom (1982), du Sénégalais Ababacar Samb. Une grève éclate dans une usine mais les grévistes ne s’accordent pas sur les revendications. Les débats donnent l’occasion au griot de conter des hauts faits du passé dans lesquels le Jom, cette valeur clé de courage, de dignité et de respect, s’est incarné à travers les âges. ■ Les Dieux sont tombés sur la tête (1983) du Sud-africain Jamie Uys. Dans une tribu isolée, un objet insolite et très utile tombe du ciel. La bouteille de Coca-Cola, si utilisée, devient source de querelle. Les anciens envoient Xhixho au bout du monde pour rendre aux dieux leur cadeau empoisonné. ■ Yeelen (1987) du Malien Souleymane Cissé. Un jeune homme va recevoir le savoir destiné à lui assurer la maîtrise des forces qui l’entourent, cette connaissance que les Bambaras se transmettent depuis toujours. Mais son père ne supporte pas de voir son fils devenir son égal… Prix du jury au Festival de Cannes. ■ aaba (1988), du Burkinabè Idrissa Ouedraogo. Nopoko attrape le tétanos. Personne ne peut la soigner. Sauf peut-être Sana, une sorcière rejetée. ■ Bal Poussière (1988) de l’Ivoirien Henri Duparc. L’antagonisme entre les anciens et les modernes est mis en lumière, via les rivalités qui s’exercent entre les six épouses d’un notable d’un village africain qui passe pour un demi-dieu. ■ Quartier Mozart (1992) du Camerounais Jean-Pierre Bekolo. Une fillette se transforme en jeune homme grâce à une sorcière dans l’univers macho d’un quartier populaire de Yaoundé, capitale du Cameroun. ■ Hyènes (1992) du Sénégalais Djibril Diop Mambety (d’après la pièce de Friedrich Dürrenmatt La Visite de la vieille dame). Une ancienne bonne chassée d’un village et revenue après maintes péripéties fait fortune pour assouvir sa vengeance en misant sur l’avidité de ses anciens bourreaux. ■ Guimba, un tyran, une époque (1995), du Malien Cheick Oumar Sissoko. Dans son village, Guimba, aide de son griot et de son fils nain, exerce un pouvoir absolu sur les habitants. Mais bientôt Siriana, un chasseur du village voisin, viendra affronter le tyran pour libérer la jeune Kai, dont il est amoureux. ■ Mon nom est Tsotsi (2006) du Sud-africain Gavin Hood (premier film africain à obtenir l’Oscar du meilleur film en langue étrangère). Le film relate l’histoire d’un «tsotsi» (voyou) de 19 ans en perdition dans le township de Soweto qui se retrouve avec la charge d’un bébé trouvé à l’arrière d’une voiture volée. ■ Bamako (2006) du Mauritanien Abderrahmane Sissako. Chaka, chômeur, s’entend de moins en moins bien avec sa femme chanteuse de bar Melé. Ils vivent dans une maison qu’ils partagent avec plusieurs familles. Dans la cour, se tient un étonnant événement: le procès de la société civile africaine contre la Banque mondiale et le FMI. ■ Un homme qui crie (2010), du Tchadien Mahamat-Saleh Haroun (premier film tchadien en course pour la Palme d’or à Cannes). Adam, la soixantaine, maître nageur de la piscine d’un hôtel de luxe qui est racheté par des Chinois. Il doit laisser la place à son fils, une situation qu’il vit comme une déchéance sociale.